Le droit de douter : contributions sceptiques pour la connaissance et leur role en épistémologie.

par Cleopatra Silvana Ramos de Jesus

Projet de thèse en Philosophie (métaphysique, épistémologie, esthétique)

Sous la direction de Claudine Tiercelin.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de Ecole doctorale de l'Ecole des hautes études en sciences sociales ED 286 depuis le 10-12-2010 .


  • Résumé

    L'importance et l'attention que l'épistémologie consacre à la question de la croyance met à découvert d'autres aspects aussi importants comme la question du doute et de sa valeur épistémique. J'essayerai d'analyser le rôle du doute, ses fonctions et spécificités de façon à établir sa positivité épistémologique et philosophique. Cette tâche sera menée à partir du contexte sceptique car il me semble que le scepticisme soit la doctrine philosophique, voire la méthodologie, qui reconnaît clairement l'importance et la valeur du doute, consacrant au doute une force centrale dans ses réflexions et problématisations. J'essayerai de savoir "qu'est-ce qu'avoir un doute", de façon à mettre en évidence sa spécificité, et comment il se traduit dans la problématique de la connaissance. Je proposerai une analyse du doute en tant que sentiment épistémique, de façon à rendre claire les conditions qui nous autorisent et justifient à avoir des doutes. Je crois, donc, qu'il est fondamental qu'une analyse des doutes sceptiques et philosophiques soit réalisée en les mettant en relation et en comparaison avec le doute ordinaire. La principale raison qui motive cette stratégie ou hypothèse est le fait que la considération que nous avons des sentiments épistémiques a des similitudes avec la question du doute, et si j'envisage de mettre en lumière les raisons qui peuvent justifier le droit que nous avons de douter, je crois que je pourrais trouver, dans l'analyse de la problématique des sentiments épistémiques, des éléments révélateurs de la constitution, de la valeur épistémique et des conditions de possibilité du doute. J'espère être capable de trouver une base pour soutenir une "naturalité" du doute, que se soit du doute ordinaire, ou du doute philosophique, et pour cela je pense qu'il est nécessaire d'analyser les conditions de possibilité du doute qui amènent l'homme commun comme le philosophe à avoir des doutes, comme d'analyser ses effets psychologiques, de façon à faire le lien entre le doute et la croyance, le doute et la connaissance, le doute et la suspension de jugement. J'essayerai de voir aussi en quelle mesure on peut trouver des liens entre les arguments, les raisonnements sceptiques et quelques théories de la connaissance développés en épistémologie, car je pense qu'il y a une liaison très étroite entre l'exercice d'argumentation sceptique et les théories épistémologiques comme le naturalisme, le relativisme, le pragmatisme et le contextualisme. Ces liaisons semblent être fondamentales pour nous conduire à une compréhension du rôle motivationnel et positif du doute, et du questionnement sceptique dans l'enquête philosophique, scientifique et épistémologique.


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