La place de plutarque, depuis le xvième siècle jusqu'au xviiième siècle, dans la littérature tragique fondée sur le souci d'exemplarité.

par Anne Renaux

Projet de thèse en Littératures française et francophone

Sous la direction de Georges Forestier.

Thèses en préparation à Paris 4 depuis le 06-12-2010 .


  • Résumé

    'et hors d'un vieux plutarque à mettre mes rabats, vous devriez brûler tout ce meuble inutile' écrit en 1672 molière dans les femmes savantes (ii, vii, 562-563). l'auteur comique relève à propos la place privilégiée occupée par le polygraphe de chéronée, plutarque, dans la culture littéraire française. en effet, depuis le xvième siècle, la redécouverte du moraliste et historien se manifeste dans bon nombre de genres littéraires, principalement la tragédie historique à sujet romain, et s'accompagne d'un succès incontestable. le récit des vies des hommes illustres, source historique densément riche composée d'une cinquantaine de biographies de héros grecs et romains célèbres, constitue un fil directeur aux tragédies à esthétique baroque puis classique dont les dramaturges s'inspirent plus ou moins librement, en fonction de la pression exercée par les pouvoirs religieux et politique, qui ne sont pas nécessairement dissociés. aussi, l'antiquité apparaît comme une référence absolue en matière de morale en ce que, à travers la peinture de ses héros animés par leurs passions, de leur caractère, de leur discours mais également de leurs actions, elle est fondatrice d'exemplarité et créatrice d'admiration. cette recherche de l'exemplarité est tout à fait significative à une époque violente et trouble, et qui plus est, en proie aux régicides et aux nombreuses révoltes, tant sociales que religieuses, qui s'abattent sur le royaume de france. ainsi, c'est notamment dans les œuvres de plutarque que le lecteur ou le spectateur est guidé par ce que l'on appelle de manière générique, 'la morale'. en réalité, ce que le moraliste entend par là est davantage un équilibre intérieur, à l'origine d'un type d'énergie et d'une certaine humeur, que de vertu à proprement parler, d'autant plus si l'on considère que la vertu antique, présente dans les moralia et qui caractérise certains héros des vies, est tout à fait différente de la vertu telle que la conçoivent les moralistes du xviième siècle et plus encore les dramaturges de ce siècle. la référence aux courants intellectuels, moraux et/ou religieux, tels que le cartésianisme et le renouvellement de l'augustinisme, ainsi que l'étude des principaux traités de hayneuve, le moyne, senault et yves de paris permettra d'approfondir cette question. ainsi, notre propos n'a pas vocation à étudier l'oeuvre de plutarque de manière isolée. il a au contraire le dessein de comprendre les facteurs qui expliquent les allusions ou les références sporadiques à cet auteur d'envergure pendant plus de deux siècles d'histoire dramatique. il convient donc d'entreprendre l'ambitieuse recherche des pièces inspirées du moraliste et notamment de celles composées par d'éminents dramaturges tels que garnier, hardy, mairet, guérin de bouscal, scudéry, corneille, du ryer, pradon... même si certaines sont aujourd'hui lacunaire, comme c'est par exemple le cas des tragédies de crébillon. cette étude permettrait d'analyser pleinement le rôle exercé par cette source antique dans la création des héros et héroïnes de tragédie. elle permettrait également de considérer dans quelle mesure plutarque, auteur grec qui a composé ses œuvres à l'époque de la pax romana et dont l'univers mental est différent de celui du spectateur du xviième siècle, parvient à créer, à travers ses biographies, sinon des intemporalités, du moins des homologies et des constances dans la peinture de l'exemplarité héroïque.


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