Le Père imperceptible dans les problématiques vampiriques et leur mode de transmission : le vampirisme comme concept opérationnel dans les pathologies d'emprise

par Catherine Granaux (Roudot)

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Mareike Wolf-fédida.

Thèses en préparation à Paris 7 , dans le cadre de Recherches en Psychanalyse depuis le 20-04-2010 .


  • Résumé

    En master 1, j'ai établi une relation entre le syndrome de munschausen par procuration et la thèse défendue dans mon mémoire prend comme point de départ l'approche de pérel wilgowicz sur le vampirisme, qui m'a permis de centrer plus finement mon analyse, sur les mécanismes, qui à mon sens sont présents chez les victimes, et leurs répercussions sur l'enfant. cette forme grave de maltraitance est caractérisée par une double distorsion de la triade classique en pédiatrie : parents-enfant-médecin. en effet, la mère exerce son action sur l'enfant, mais aussi influence et manipule le corps médical. les médecins prescrivent des examens complémentaires, des bilans invasifs voire des interventions chirurgicales inutiles et même dangereux pour l'enfant, jouant un rôle important dans la genèse et la durée de ce syndrome, se détournant à leur insu de leur fonction soignante. c'est donc la conséquence d'un double mécanisme de maltraitance, à savoir l'action conjuguée du parent et des médecins. en master pro j'ai travaillé cette fois sur l'inceste. la constatation qui s'impose lors de l'audition des victimes d'inceste, c'est de constater que l'incestuel est également très fréquent dans ces familles, voire indissociable et que le tissu familial forme une trame où inceste et incestuel sont étroitement intriqués. il s'exprime dans un effacement des limites et peut désigner un climat familial pervers où l'enfant n'a pas statut de personne mais a statut d'instrument au service du narcissisme des parents. le vampirisme est une forme parlante de l'emprise dans un double cycle contradictoire de vie et de disparition, de régénérescence et de résurrection, de mort et d'immortalité . le parricide et l'inceste rendent les survivances impossibles. transgénératif, le vampirisme source d'hémorragie narcissique, empêcherait le moi de se construire dans sa relation aux objets primaires. perméable et transparent, le moi soumis au vampirisme ne peut que résonner aux échos éteints qu'il ne réussit ni à abandonner ni à animer en proie qu'il est à un double sens d'asubjectivation/désubjectivation. si le père n'intervient pas dans la relation mère-enfant, une relation symbiotique avec la mère empêche le moi de se former et engendre des attaques destructrices non liées et des effets mortifères de la pulsion de mort. l'enfant est uniquement perçu par au moins l'un des parents, comme un prolongement narcissique chargé de venir réparer et nourrir son propre narcissisme défaillant. la pathologie du narcissisme qui s'origine « dans l'impossibilité d'organiser une objectalité non seulement dans l'intrapsychique du patient mais dans celui du parent est la conséquence de carences narcissiques chez l'un comme chez l'autre des partenaires. deuils sans fin, traumatismes, relations d'absence ou de trop grande présence et d'emprise dans la génération précédente, entraînent des distorsions dans l'établissement des limites spatiales mais aussi temporelles chez un descendant : cette transmission vampirique devient alors vectrice de carences et de blessures narcissiques, de destructivité et de désubjectivation. le vampirisme est caractérisé par l'indistinction sujet-objet du narcissisme primaire, par une attraction délétère de la pulsion de mort, et une non-représentation d'une transmission d'une non-séparation, source de carences narcissiques. on aborde l'idée d'une séparation-non-séparation, la compulsion de répétition et son au-delà, et le passage d'une génération à une autre. l'individuation sujet/objet n'existe plus, le patient se retrouvant dépositaire de formes ancestrales de vampirismes familiaux. en 1877, lasègue et falret publient un écrit consacré à cette entité, intitulé la folie à deux. cette entité clinique a donc la particularité de mettre en jeu, non pas un, mais deux sujets. dans la folie à deux, on assiste en effet à la disparition subjective d'un des deux protagonistes qui en vient à quitter tout lieu psychique qui lui était propre, pour être littéralement aspiré par l'autre. la clinique de la folie à deux vient donc ici illustrer de façon particulièrement éclairante, les modalités selon lesquelles un sujet aspiré par un autre, ici bien réel et incarné, en vient à disparaître comme tel. j'émets l'hypothèse que le vampirisme à la base de certains troubles narcissiques, est un lien involutif et asymbolique caractérisé par l'attraction à une mère insuffisamment morte qui revient hanter et par une identification au père mort.


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