L'action de la communauté internationale dans les situations de post-conflit : les réformes institutionnelles

par Serge Rumin

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Michel Liu.

Thèses en préparation à Paris 9 depuis le 01-10-2004 .


  • Résumé

    Cette thèse montre qu’en matière de réforme des institutions du secteur de la sécurité, dans les pays qui sortent d’un conflit armé, l’action de la communauté internationale, et plus particulièrement l’ONU comme membre emblématique de cette communauté, est structurellement limitée par des facteurs non immédiatement intelligibles mais insurmontables. Premièrement, si la valeur « État » et celles régulant les relations entre États forment le socle institutionnel des grandes organisations internationales, pour autant elles n’ont pas d’effet régulateur au sein même de ces sociétés recentrées sur des valeurs d’appartenance à des groupes sociaux pourvoyeurs de sécurité. Deuxièmement, l’approche de la réforme des institutions par la communauté internationale via le prisme de l’État, oblitère le versant sociétal des institutions étatiques et, par conséquent, un aspect fondamental du défi. Troisièmement, les grands acteurs internationaux n’agissent pas comme des « institutions », mais plutôt comme des « organisations » dans les contextes postconflit où ils projettent leurs opérations/missions. La nature fortement organisationnelle de ces opérations/missions, combinée à leur faible ancrage sociétal, constituent la dimension essentielle de la limite structurelle à l’action de la communauté internationale.


  • Résumé

    This thesis argues that when it comes to reform the security sector institutions in post-conflict societies, the actions of the international community, and more specifically of the UN as an emblematic member of this community, are structurally limited by non-intelligible but insuperable factors. Firstly, the “state” as a value and the other values regulating the relations between states are at the foundations of the main international organisations. These values, however, do not exercise regulating functions within immediate post-conflict societies re-centered around identity groups that provide the security services. Secondly, the approach through the “state” lens to reform state institutions obliterates the societal ground of these state institutions and, therefore, a fundamental aspect of the reform’s challenge. Thirdly, the main international actors do not act as “institutions” but as “organisations” in the post-conflict contexts where they establish their operations/missions. The organisational nature of these operations/missions, combined with their poor societal grounds, constitutes the essential dimension of the structural limitation of the action of the international community.