Analyse socio-linguistique de l'inscription de la langue française dans la société iranienne (xxème /xxième siècles)

par Afsaneh Pourmazaheri

Projet de thèse en Sciences du langage

Sous la direction de Sonia Branca-Rosoff.

Thèses en préparation à Paris 3 depuis le 24-11-2010 .


  • Résumé

    Si l'on peut véritablement faire remonter les débuts des relations bilatérales franco-iraniennes à la fin du 17ème siècle, ce n'est qu'au 19ème siècle finissant que l'on peut véritablement parler d'influences culturelles mutuelles, en particulier d'influences françaises sur la société et les institutions iraniennes, prioritairement, à travers et grâce à la langue française. les nombreux articles et ouvrages consacrés à la question ont très clairement mis en évidence les modalités de l'installation des représentants culturels, scientifiques, mais également d'une quantité importante de personnels administratifs français sur le sol iranien, et ce, de manière à rendre la présence de la langue française prépondérante dès le début du 20ème siècle. les archives administratives, les correspondances de particuliers, les notes et les ouvrages des spécialistes dépêchés sur place ont jusqu'alors permis d'étayer les différents aspects de l'influence française, surtout entre 1900 et 1940. l'ensemble de la documentation dont nous disposons permet à présent, avec le recul nécessaire à toute entreprise de lecture et d'interprétation historique, de nous interroger sur la qualité et les conséquences de cette présence linguistique hexagonale sur le sol iranien. on sait aujourd'hui que la france, jusqu'en 1940, n'a pas bénéficié d'une présence permanente en iran, mais qu'elle a néanmoins permis de mettre en place et de consolider certaines infrastructures politiques, juridiques et culturelles du pays. on connaît l'influence exercée par les intellectuels français sur l'intelligencia iranienne, le rôle joué par l'alliance française dès son installation en iran, en 1889, le rôle tenu par les écoles françaises (à l'exemple de l'école de filles st joseph) dans la propagation de la langue, de la culture et de l''esprit' français dans la perse du 20ème siècle. on sait aussi que les revues et les journaux (tels que esteghlâl-e-iran) ont permis à la vision française de se diffuser au sein de la société française. il serait à présent intéressant, compte tenu de la présence toujours actuelle (voire importante) de la langue française en iran, de nous interroger sur les différents modes de diffusion de cette langue au sein de la population iranienne, lors de son introduction et de son déploiement dans la première moitié du 20ème siècle, et en ce début de troisième millénaire. l'introduction de la langue et de la culture française a-t-elle constituée, au sein de la population iranienne (en particulier ceux de la capitale) et à différentes époques, un apport positif, voire simplement heureux? quels furent les aspects assurément constructifs de cette introduction, et au contraire, les aspects 'altératifs' de cette apport « étranger »? doit-on d'ailleurs parler d''apport' ou ne faut-il pas évoquer l'idée de 'greffe' d'une langue exogène sur une langue et une culture autochtone (l'idée de greffe évoquant à son tour celle d''enracinement' culturel)? si greffe il y a eu, c'est-il agit d'une greffe heureuse ou « mal prise »? a-t-elle finalement fait l'objet d'un rejet ou d'une acceptation paisible de la part de son 'organisme'd'accueil?


  • Pas de résumé disponible.