Féeries pour une autre fois : réécritures et renouvellement des paradigmes des contes de fées (1808-1920)

par Hermeline Pernoud

Projet de thèse en Littératures française et francophone


Sous la direction de Paolo Tortonese.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (....-2015 ; Paris) , en partenariat avec Centre de Recherches sur les Poétiques du XIXe siècle (Paris) (equipe de recherche) depuis le 16-10-2009 .


  • Résumé

    Cette thèse, qui recense plus de mille contes de fées composés entre 1808 et 1920, s’intéresse au renouveau du merveilleux, un registre vieillissant faisant face au désenchantement. Ce travail montre comment le conte, en juxtaposant la modernité et l’imaginaire, bascule dans le comique (parodie des auteurs du Grand Siècle, désacralisation des héros, sapement des valeurs chevaleresques). En même temps, les figures masculines chutent de leur piédestal en engendrant une modification des représentations du féminin. Dans la première moitié du XIXe siècle, les fées et les princesses sont réduites aux stéréotypes de genre : elles sont seulement belles, riches et bienfaisantes. Puis l’esprit fin-de-siècle impose de nouveaux canons, attribuant aux héroïnes les vices de leurs contemporains. Notre thèse dissèque cette vision misogyne afin de montrer comment la crainte de l’extinction de la « race » est née : les pouvoirs magiques des fées et la considération qu’on leur porte diminuent ; les princesses constatent que l’heureux dénouement promis n’est plus. Désormais, ces femmes au cœur de glace deviennent la source des souffrances masculines. Notre travail engage également une réflexion sur les perversions au XIXe siècle et démontre comment les auteurs de contes décadents se servent de motifs propres au merveilleux (manducation, servage des héroïnes) afin d’esthétiser la souffrance et la transformer en plaisir. Enfin, les réécritures de « La Belle au bois dormant » sont emblématiques de la fin-de-siècle. Cette princesse endormie incarne à la fois l’intouchable virginité et la pire des perversités. Sa passivité illustre les violences physiques et psychiques que la société lui impose et justifie ; son éveil revendique les droits des citoyennes et annonce le féminisme.


  • Résumé

    This thesis, taking an inventory of more than one thousand fairies tales written between 1808 and 1920, examines the marvellous’ renewal, an outmoded register facing disenchantment. This study shows how the fairy tale, placing modernity next to imagination, turns to comic (parody of the authors of the XVIIe century, deconsecration of heroes, destruction of chivalrous values). At the same time, male characters fall from their pedestal, making an alteration of the female’s representations. In the first half of the XIXe century, fairies and princesses are reduced to gender stereotypes : they are only beautiful, wealthy and benevolent. But the fin-de-siècle’s mind imposes new models, assigning to heroines the contemporaries’ vices. Our thesis reviews this misogynous representation to show how the fear the “race’s extinction” was born : the fairies’ magic power and the esteem for them decrease; the princesses notice that the promised happy end is not anymore. Henceforth, these ice-hearted women become the origin of male sufferings. Our work develops a thought about perversions in the XIXe century and shows how the decadent authors of tales use marvellous subjects (erotic devouring, serfdom of the heroines), in order to anesthetize suffering and transform it into pleasure. Finally, rewritings of “Sleeping Beauty” are emblematic to the fin-de-siècle. This sleeping princess personifies the untouchable virginity and the worst of the perversities both. Her passivity illustrates the physical and mental violence that society imposes her and justifies; her awakening claims female citizens’ rights and announces feminism.