La cité des enfants des rues. Représentations, politiques et expériences des jeunesses urbaines marginales à Mexico et Tijuana.

par Irene Pochetti

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Gilles Bataillon.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 15-12-2006 .


  • Résumé

    Cette thèse traite de la question des enfants des rues au Mexique, de son histoire, de sa construction en enjeu social et de l’expérience des jeunes aux marges des villes de Mexico et de Tijuana. Symbole de « l'enfance délaissée » dans les pays en voie de développement, cette catégorie sociale a été l'une des « priorités officielles » du premier gouvernement élu démocratiquement à la tête du pays en 2000. La thèse montre comment se configure le monde des enfants des rues en analysant les acteurs de l’intervention sociale auprès des jeunes mais également la façon dont se déploient les existences de ces jeunesses urbaines marginales dans un pays traversé par d’importantes reconfigurations politiques et sociétales. Par une approche sociohistorique de 1880 à nos jours, cette thèse se penche en premier lieu sur l'émergence de cette catégorie dans l’espace public et sa mise en problème qui s'articulent aux transformations sociopolitiques du pays. L’analyse de plusieurs supports iconographiques et documentaires révèle une tension constante entre les figures de la victime et du délinquant qui va de pair avec les angoisses que produit l’important développement urbain du Mexique. L'enquête ethnographique réalisée à Mexico et Tijuana entre 2003 et 2010 montre la pertinence de l'étude à l'échelle de la ville pour comprendre comment s'articulent les politiques, les représentations et les expériences sociales. L'analyse met au jour les spécificités de ces deux villes dans l'appréhension et le traitement du problème, mais également dans les modes d’individuation et les trajectoires biographiques de ces jeunes : si un « effet de frontière » est observé à Tijuana, la dynamique du monde des rues à Mexico se caractérise plutôt par un « effet de capitale ». Finalement, l'analyse par le genre met en évidence les tensions à l'œuvre entre la traduction du langage des droits dans les pratiques quotidiennes des organisations qui travaillent avec cette population et la permanence d'un imaginaire de la famille sexué et hiérarchisé, qui s'articule au récit national.

  • Titre traduit

    The city of the street children. Representations, policies and experiences of marginalised urban youth in Mexico City and Tijuana.


  • Résumé

    This thesis deals with the history and construction of the social problem of Mexican street children and with the actual experience of marginalised youth in Mexico City and Tijuana. Symbol of the issue of “abandoned children” in developing countries, this social category has become one of the priorities of the first democratically elected Mexican government in 2000. The thesis examines how the world of “street children” is shaped by analysing the actors of social intervention and the effects of the country’s deep political and societal changes on these marginalised urban youth. Through a socio-historic approach from 1880 to nowadays, this thesis firstly studies the emergence of this category within the public space and its construction as a social problem, embedded in the socio-political transformations of the country. By exploring iconographic and documentary supports, the analysis identifies a constant tension between the figure of ‘victim’ and of ‘delinquent’, a tension which goes hand in hand with the anxiety produced by the tremendous urban development of Mexico. This ethnographic research, carried out in Mexico and Tijuana between 2003 and 2010, demonstrates the relevance of observing at city level in order to understand how the policies, representations and social experiences articulate. The analysis brings to light the specific features of these two cities in their perception and treatment of the problem as well as in the resulting individualisation modes and biographies of these young people. In Tijuana, a “border effect” is observed, whereas the streets dynamics in Mexico City are characterised by a “capital effect”. Finally, the gender analysis demonstrates the tensions between the appropriation of a law terminology in the everyday practices of the organisations working with this population and the traditional image of a sexualised and hierarchic family, embedded in the national narrative.