La perception du temps dans le discours hagiographique lié au culte des saints évêques de Provence du Ve au XIIIe siècle

par Veronique Olivier

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Michel Lauwers.

Thèses en préparation à Nice , dans le cadre de École doctorale Lettres, sciences humaines et sociales (Nice) , en partenariat avec Cepam (laboratoire) et de Département d'histoire (Université de Montréal) (Genequand, Philippe) depuis le 09-06-2010 .


  • Résumé

    Mon étude s’inspire de Stephen Bann (1984) qui a mis en lumière les stratégies rhétoriques (historical poetics) mises en oeuvre dans les médias historiques (textes, iconographie, archéologie) grâce auxquelles on peut définir les objets et les limites de la représentation du passé à toutes les époques. Elle s’inspire aussi des travaux de François Hartog (2003) qui a développé la notion de régimes d’historicité, les « manières typiques d’articuler passé, présent et futur ». Celui-ci s’intéresse à la perception du temps à partir d’oeuvres littéraires des périodes antique, révolutionnaire et contemporaine. Il aborde la question pour la période médiévale en l’amalgamant à la seule pensée de saint Augustin. Mon étude s’inscrit aussi dans les recherches en hagiologie, qui étudie tout ce qui touche les saints, et plus particulièrement dans celles de M. Uytfanghe (1993) qui a développé la notion de discours hagiographique. Il s'agit d'un discours narratif inspiré par les saints servant à promouvoir leur culte dont la fonction est performative et dont plusieurs archétypes nourrissent la stylisation: le discours est à l’étude, non pas le saint. La notion de spatialisation du sacré (programme d’encrage et de territorialisation du culte) développée par M. Lauwers (2005) doit être intégrée à ce discours puisque cette dimension du culte est liée à la notion de temps comme l’attestent les usages du terme latin « memoria » désignant mémoire, au sens temporel, et tombeau, au sens spatial.La méthodologie de Bann appliquée à la notion de discours hagiographique englobant tous les médias par lesquels le culte des saints est articulé (Vies de saints, documents liturgiques, récits de pèlerins, cartulaires, images, mobiliers, aménagements architecturaux et leurs emplacements) est une entreprise inédite. De plus, les études sur la question du temps au Moyen Âge s’intéressent à sa mesure plus qu’à sa perception (Jacques Le Goff, 1977). Cette méthode me permettra de mettre en évidence la façon dont ces cultes sont projetés dans le passé, le présent et le futur par l’analyse des mécanismes et des formes par lesquels ils sont articulés et à travers lesquels est perceptible le régime d’historicité de leurs artisans et leurs promoteurs. Ces derniers mettent en scène des faits passés (un saint mort récemment ou de longue date) tout en étant influencés par leurs préoccupations présentes et souvent dans une perspective future eschatologique. Pour réaliser mon étude, j’ai choisi les évêchés qui ont promu des cultes restés vivants et réactualisés pendant la période : Aix (saints Mître, Maximin, Sidoine), Apt (saints Auspice, Castor et Étienne), Arles (saints Césaire, Honorat, Hilaire, Virgile, Rieul, Trophime), Avignon (saints Agricole, Amant, Benoît, Magne, Vérédème), Cavaillon (saint Véran), Gap (saints Arey et Arnoul), Marseille (saint Cannat, Lazare), Vence (saints Véran, Lambert).


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