Le service public de l'éducation nationale sous la troisième République

par Helene Orizet

Projet de thèse en Droit public

Sous la direction de Gilles Dumont et de Grégoire Bigot.

Thèses en préparation à Nantes , dans le cadre de DSP - Droit et Science Politique (Nantes) depuis le 01-10-2009 .


  • Résumé

    Les observateurs de l’éducation nationale déclarent avec la force de l’évidence qu’elle est un service public. Ce qui fait son caractère n’a pourtant jamais été interrogé. Cette étude propose d’y contribuer en explorant ses soubassements historiques. Le voyage a lieu sous la troisième République, là où le service public de l’éducation nationale fait pour la première fois l’objet d’un discours. Celui-ci est tenu par les républicains, qui veulent convaincre de la réalité du service public de l’éducation nationale, tandis que les juristes confirment son existence sans le démontrer. Il apparaît pourtant que le service public de l’éducation nationale ne doit l’existence qu’au discours, politique et juridique, par lequel on veut lui donner intellectuellement naissance. L’essentiel est, pour ses concepteurs, de rendre perceptible l’action bienfaisante de l’État éducateur, qui serait par essence démocratique. Or une telle lecture procède d’une mystification de l’histoire. Le discours du service public de l’éducation nationale dissimule la réalité administrative de l’État éducateur. La mise en lumière de son rôle disciplinaire, concrètement exercé par son administration, révèle les limites de l’invocation du service public pour qualifier l’éducation nationale. C’est qu’il fallait masquer la machine à produire de l’ordre social, en même temps que du pouvoir, afin d’inscrire la République dans la durée. Le discours du service public de l’éducation nationale légitime aussi le droit par lequel l’administration de l’Instruction publique est conservée. C’est dire la valeur fiduciaire d’un service public réputé acquis, autant qu’exprimer le rapport étroit entre l’idéologie et le droit.

  • Titre traduit

    The French national education system as a public service under the Third Republic


  • Résumé

    Observers of the French national education system could come to just one conclusion: it is a public service. However, its composite elements have never come under review. This study aims to do just that, by exploring its history and foundations. Our journey takes us back to the Third Republic, when the French national public education system was the subject of a political speech for the very first time. It was given by the Republicans, who wanted to show their audience that national education really did exist as a public service, while legal experts confirmed its existence without offering proof. It would appear, however, that the national public education system existed only through political and legal declarations, by which the authorities set out to create it, if only from an intellectual perspective. For its designers, the most important element was to make the beneficial, and therefore democratic, actions of the government tangible. And yet such an understanding is based on historical falsehoods. The positioning of the national education system as a public service conceals the administrative reality of the State as educator. This is because it was necessary to hide the social order production mechanisms, as well as power, in order to ensure a long life for the Republic. The discourse of the national public education service also legitimizes the right by which the administration of public Instruction is preserved. That means declaring the acquired fiduciary value of a reputed public service, as much as expressing the close relationship between ideology and the law.