Les sépultures dans les établissements religieux à Paris du XIIIe au XVe siècle d’après l’Epitaphier du vieux Paris

par Elodie Ozenne

Thèse de doctorat en Histoire médiévale

Sous la direction de Catherine Vincent.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent (Nanterre) depuis le 15-11-2006 .


  • Résumé

    Cette étude a pour but d’appréhender l’évolution de la sépulture ainsi que l’analyse des différents lieux d’inhumation et des populations enterrées à Paris entre le XIIIe et le XVe siècle à partir des inscriptions funéraires recensées dans le recueil de l’Epitaphier du vieux Paris. Les établissements religieux de la capitale se distinguent dans leur politique funéraire ainsi que dans leur façon de gérer l’accueil des sépultures laïques. Inexistantes jusqu’au XIIIe siècle, les inhumations ad ecclesiam se généralisent et s’installent de façon durable au cœur du lieu du culte. En conséquence de cette évolution significative des pratiques funéraires, de nouveaux groupes sociaux influents accèdent enfin à une sépulture de prestige. Les officiers royaux et gouvernementaux qui reposent désormais aux côtés des membres de la famille royale et des dignitaires ecclésiastiques sont à l’origine de l’expansion des chapelles funéraires familiales. Malgré son influence croissante dans la vie économique et politique de la capitale, la bourgeoisie rencontre encore des difficultés à s’imposer dans le domaine funéraire et reste souvent dans l’ombre des grands officiers royaux. Le lieu d’inhumation revêt une importance considérable pour l’ensemble des parisiens fortunés qui n’hésitent pas à faire preuve de générosité envers les communautés religieuses pour établir leurs sépultures à peu de distance de l’autel afin de bénéficier des messes et des prières destinées à assurer leur salut. En effet, comme le prouve l’analyse formelle des tombeaux et épitaphes parisiennes, le salut de l’âme du défunt est au cœur des représentations funéraires. Le tombeau doit solliciter les suffrages des vivants mais également transmettre le souvenir de l’existence terrestre et de l’importance sociale du défunt.

  • Titre traduit

    Burial places in the religious establishments in Paris of the XIIIth in the XVth century according l’Epitaphier du vieux Paris


  • Résumé

    This study aims at showing the evolution of sepulchres and at analysing different burial places and populations burried in Paris between the 13th and 15th century through the funerary inscriptions listed in the collection : the Épitaphier du vieux Paris. Religious establishments of the capital city can be identified through their funerary policies and through the treatment of their secular sepulchres. Non-existent until the 13th century, ad ecclesiam burials become more widespread and remain at the centre of places of worships. As a result of the significant evolution of funerary practices, new social groups of influence have access to presitigious sepulchres.Royal and governmental officers who now rest by the royal family and ecclesiasts sides originated the expansion of funerary chapels for families in churches of the capital city. Despite its increasing influence on the economic and political life of the capital city, the « bourgeoisie » still faces hardships in forcing itself on the funerary area and remains in the shadow of the so-called royal officers. The burial location is of a major importance for most wealthy Parisians who show their generosity towards religious communities so then their graves can be placed as close as possible from the altar and get masses and prayers that can guarantee their salvation. Indeed, as proven through the accurate analysis of tombs and epitaphs of Paris, salvation for the dead is at the core of funerary representations. Graves must appeal the living to pray but also share the memory of life on earth and reveal the social place of the deceased.