Robert Caby et l'attraction surréaliste : la question du pouvoir libérateur de la musique

par Elodie Nel

Thèse de doctorat en Musique et musicologie

Sous la direction de Violaine Anger.

Thèses en préparation à Evry-Val d'Essonne , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de la Société (Evry) depuis le 25-10-2010 .


  • Résumé

    Le compositeur français Robert Caby (1905-1992), auteur de près de neuf cent partitions, critique d’art, dessinateur et poète, n’a fait l’objet à ce jour d’aucune étude. Peu de musiciens se sont intéressés comme lui au groupe surréaliste. Mais il n’en a jamais fait partie et a toujours revendiqué son indépendance. Notre étude vise à montrer que ce qu’il retient du mouvement surréaliste, c’est avant tout une posture vis-à-vis de la musique régie par l’idée de liberté. Celle-ci se manifeste à travers son indépendance, sa recherche des effets libérateurs de la musique, son refus de s’enfermer dans un seul médium artistique, sa conception hétérogène de l’œuvre musicale. Après avoir exposé la relation de Robert Caby avec les surréalistes, notre étude dévoile d’autres centres d’intérêts expliquant son indépendance : son militantisme politique, son admiration pour Satie, son intérêt pour l’art radiophonique et le cinéma. La question des effets libérateurs de la musique est omniprésente dans ses écrits, qu’ils portent sur le rôle de la musique dans l’action révolutionnaire, le pouvoir onirique de la musique au service de l’image, ou le burlesque musical. Le ballet composé sur un argument de Prévert (1932) et la pièce radiophonique L’Objet aimé (1950) sur un texte de Jarry sont deux œuvres expérimentales qui témoignent d’une intégration des orientations du surréalisme. La question du pouvoir libérateur de la musique fait de Robert Caby un artiste inclassable, en porte-à-faux avec les compositeurs sériels de l’après-guerre. En établissant un lien entre l’indépendance de cet artiste et sa méconnaissance, cette étude réinterroge notre manière de faire l’histoire de la musique.

  • Titre traduit

    Robert Caby and the surrealist attraction : the question of music as a liberating force


  • Résumé

    Robert Caby (1905-1992), the French composer, art critic, drawer and poet, and author of nearly 900 scores, has not until now been the object of any formal study. Few musicians were as interested as he with the Surrealists. He never joined the group, however, and always staunchly maintained his independence. The present study aims to show that the primary idea he derived from the Surrealist movement was that of an approach to music rooted in the concept of liberty. This is manifest in his independence, his research into the liberating effects of music, his refusal to be bound to a single artistic medium, and his heterogeneous perspective of musical works. After expounding Robert Caby’s relationship with the Surrealists, this study reveals other points of interest that illustrate his independence: his militant political activism, his admiration for Satie, and his fascination with radiophonic art and cinema. The notion of the liberating effects of music is omnipresent in his writings, whether they focus on the role of music in revolutionary action, music’s oneiric power when set to aid images, or on burlesque music. Two of his experimental works – the ballet based around a motif from Prévert (1932), and the radiophonic piece, L’Objet aimé (1950), inspired by a text by Jarry – bear witness to a combination of aspects of Surrealist thought. The question of music as a liberating force marks Robert Caby as an artist who defies classification, at odds with the serialist composers of the post-war period. By establishing a link between the artist’s independence and his relative obscurity, this study calls back into question the way in which the history of music is written.