Poétique des palais nasrides de l’Alhambra : parcours, lecture, symboles

par Souraya Le Garrec (Noujaim)

Projet de thèse en Histoire et archéologie des mondes médiévaux


Sous la direction de Gabriel Martinez-Gros.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent (Nanterre) depuis le 20-02-2009 .


  • Résumé

    A la fin du XIIIème et au XIVème siècle, s’est développé, sur les murs des palais nasrides de l’Alhambra de Grenade, un art de l’épigraphie d’une variété extrême, combinant virtuosité plastique, qualités visuelles, message poétique et politique. Bandeaux, frises et médaillons inscrits, structurent le programme ornemental des palais. Aux inscriptions votives se mêlent des calligrammes dont les lettres, adossées à un fin réseau sculpté d’entrelacs végétaux, génèrent des silhouettes architecturées. S’y ajoutent des poèmes, sculptés sur les murs, indissociables du pouvoir qu’ils soutiennent. A l’Alhambra la parole devient construction, les mots eux-mêmes se transforment en structures imaginaires : façonnant le mythe, ils constituent le socle d’une dynastie culturellement brillante mais en perte de puissance. Œuvres de trois vizirs poètes, Ibn al-Jayyab, Ibn al-Khatib et Ibn Zamrak, ces poésies sultanesques, qasa’id sultaniya, exaltent, sous la forme de panégyriques, la grandeur de la dynastie nasride. Ils affirment la mission des souverains et célèbrent en images exaltées la majesté du lieu : c’est un exemple unique dans l’art ornemental arabo-islamique. Ils rassemblent, de manière synthétique, des renseignements sur les problématiques soulevées par le corpus épigraphique. Pour autant, ce travail ne prétend pas être exhaustif. Il veut plutôt explorer et présenter, sous la forme de bilan analytique, le programme ornemental des palais, suivre le fil conducteur d’une approche contextuelle historique et artistique, voire psychologique, contribuer à l’analyse des liens qui unissent données littéraires et poétiques, symbolisme décoratif et leurs antécédents préislamiques.

  • Titre traduit

    Alhambra poetry : journey, reading and symbols


  • Résumé

    From the late thirteenth and especially fourteenth century, grew on the walls of the Nasrid palaces of the Alhambra of Granada, a scriptural art of great variety, combining plastic virtuosity, visual qualities, poetic and political messages. Bands, epigraphic friezes and medallions underline the ornamental program of the palaces. The votive inscriptions are mingled with calligrams whose letters, backed by a fine carved network, generate architected silhouettes of plant-like interlacing Added to this poems, carved into the walls, closely linked to the power it underlines. Thus speech becomes construction and the words themselves also become imaginary buildings: therefore constituting the basis for a dynasty culturally brilliant while politically in decline. Works of three viziers poets of the end of the Nazari dynasty, Ibn al-Jayyab, Ibn al-Khatib and Ibn Zamese “sultanistic” poems qasa'id Sultaniya exalt in form of eulogies the greatness of the dynasty. They claim the religious mission of Nasrid sovereigns and celebrate through exalted images the majesty of the place representing a unique example in the Arab-Islamic ornamental art. Inseparable from the architecture they adorn, thirty poems were specially written and inscribed on the walls of the Alhambra with certain texts tracing the origin to now extinct palaces of the XIth century. They bring together, in summary form, information on the issues raised by the epigraphic corpus. However, this work does not claim to be exhaustive. It rather wants to explore and expose, in the form of an analytical assessment, the decorative program of the palace, following the thread of a historical and artistic, even psychological, contextual approach, contribute to the analysis of the links between literary and poetic facts, decorative symbolism and their pre-Islamic origins.