Les relations entre la tanzanie et l'afrique du sud sous l'apartheid : un aspect du panafricanisme

par Boyi N'diaye

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Faramrina Rajaonah.

Thèses en préparation à Paris 7 depuis le 23-04-2010 .


  • Résumé

    ‘ les relations entre la tanzanie et l'afrique du sud sous l'apartheid : un aspect du panafricanisme (1960-1994) ?''. en effet, ce travail de recherche me semble nécessaire dans la mesure où très peu d'études en france ont été consacrées à ce thème. lors des crimes xénophobes commis à l'encontre des immigrés africains au printemps 2008, thabo mbeki (ancien réfugié politique et président de la république sud-africaine à l'époque) a précisé, dans son discours de l'africa day, que l'exil et la solidarité panafricaine des pays africains ont beaucoup contribué au démantèlement de l'apartheid. pourtant, ce point important de l'histoire de l'apartheid est presque méconnu ou ignoré en france. aucun chercheur n' y a véritablement consacré ses études universitaires. c'est dans ce sens que je souhaite contribuer modestement à l'écriture de ce chapitre. effectivement, la politique répressive du parti national sous le régime de l'apartheid a provoqué l'exode massif de sud-africains noirs révoltés contre ce système totalitaire. ils sont alors accueillis en europe, en amérique et en afrique essentiellement. sur ce dernier continent, ces réfugiés ont bénéficié non seulement de l'aide internationale sous l'égide de l'onu mais aussi d'une étroite collaboration avec des gouvernements de ces pays hôtes au nom du panafricanisme et de l'anticolonialisme. pour cette étude, je me limiterai au cas exemplaire de la tanzanie sous nyerere (1962-1985) et son successeur ali hassan mwinyi (1985-1995). en fait, ma démarche consiste à démontrer en quoi l'exil a été une opportunité pour les opposants sud-africains qui ont continué activement et librement leur lutte anti-apartheid en tanzanie. ils ont su mieux s'organiser et restructurer leurs mouvements alors qu'ils devaient agir clandestinement en afrique du sud depuis le massacre de sharpeville (mars 1960) pour éviter la répression. par ailleurs, cette étude permet de mettre en exergue les actions panafricaines menées par ce pays d'asile pour éradiquer l'apartheid. effectivement, la tanzanie n'a pas cessé de critiquer la politique du gouvernement sud-africain raciste avec lequel il maintient des relations peu cordiales. a l'échelle continentale et internationale, le parti au pouvoir, la tanu (tanganyika african national union), s'est engagé à trouver des solutions pour libérer cette terre australe encore sous domination blanche. pour encourager les mouvements de libération anti-apartheid bannis d'afrique du sud, le gouvernement tanzanien leur rétrocède quelques unes de ses terres pour qu'ils continuent leur lutte. par exemple, il offre en 1979 une étendue de terrain de 1 000 hectares au village de mazimbu à l'african national congress (anc). ce mouvement décide d'y édifier un complexe scolaire (futur solomon mahlangu freedom college) pour éduquer les jeunes qui fuient le pays massivement depuis la révolte de soweto déclenchée le 16 juin 1976. le message est donc clair ; les responsables de ces organisations et le gouvernement tanzanien veulent former les sud-africains militairement et intellectuellement pour démanteler l'apartheid. il s'agit donc d'étudier et de définir les relations étroites et panafricaines entre les mouvements de libérations sud-africains et les dirigeants du pays hôte. parallèlement, je m'intéresse aux relations quotidiennes et sociales entre les tanzaniens et les réfugiés sud-africains. ces exilés présents dans ce pays de l'afrique de l'est dès les années 1960 ont naturellement tissé des liens avec les nationaux. parmi ces apatrides, certains se sont mariés avec des ressortissants du pays d'accueil et ont ainsi agrandi leur famille. d'autres sont morts et ont été inhumés en tanzanie après des années d'exil politique sans jamais connaitre la fin de l'apartheid. enfin, je compte consulter plusieurs dossiers administratifs de l'époque conservés dans les archives de centres spécialisés sud-africains et tanzaniens pour ce sujet de recherche. je compléterai les informations collectées en menant des entretiens semi-directifs sur une population d'anciens exilés ayant séjourné en tanzanie. selon les résultats de ces investigations, je répondrai à cette question sous-jacente : la tanu a-t-elle réussi à susciter sur son territoire une solidarité et un sentiment panafricains en accueillant ces réfugiés sud-africains qui côtoyaient quotidiennement les citoyens tanzaniens ?


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