L'énergie, outil de structuration spatiale en Guyane française et au Guyana

par Mélina Marcin

Projet de thèse en Géographie

Sous la direction de Françoise Pagney Bénito-Espinal.

Thèses en préparation à l'Antilles , dans le cadre de École doctorale pluridisciplinaire (Pointe-à-Pitre ; 19..-2015) depuis le 23-11-2010 .


  • Résumé

    La Guyane et la république coopérative de Guyane (Guyana) s'inscrivent dans l'ensemble géographique dudit « plateau des Guyanes ». il s'étend sur environ 1.5 millions de km² au centre nord du continent latino-américain, sur la Guyane française, le guyana, mais aussi sur le brésil, le Venezuela et le Surinam, formant un ensemble homogène géographiquement, partageant un héritage écologique commun. Depuis des décennies, en Guyane française et au Guyana le développement de l'électrification est un enjeu majeur en terme d'accès aux systèmes de santé, d'éducation, d'aménagement du territoire, etc. aujourd'hui encore, le manque d'infrastructures isole les populations qui s'étendent le long des côtes, des rivières et dans l'intérieur des terres et à l'opposé concentre sur la mince bande côtière du littoral à elle seule, l'essentiel de la majorité des habitants de ces territoires respectifs. Dès lors, sur ces deux territoires, l'accès de la population à l'énergie électrique n'est pas intégral. L'énergie est un élément essentiel au développement des territoires. est-elle un facteur de la construction des espaces en Guyane ? La structuration spatiale désigne l'organisation de l'espace, c'est aussi l'articulation (interaction) de l'espace avec ses différentes composantes. Une définition d'un dictionnaire s'ajoute à cela : « les structures spatiales désignent les différentes formes d'organisation spatiale. le géographe interprète les régularités dans la distribution spatiale et la répartition des objets géographiques à la surface de la terre. Ces arrangements spatiaux constituent les structures spatiales, la plupart du temps, non intentionnelles, mais dont la stabilité finit par s'imposer aux acteurs ». La majorité des études qui ont été réalisées en Guyane étaient essentiellement dominées par une approche historique et politique car le développement du territoire se trouvait en retrait par rapport à l'histoire de la Guyane. En géographie, les principales thèses réalisées ont apporté des connaissances sur la télédétection, sur l'intérêt de l'imagerie haute résolution, sur l'aménagement du territoire, la gestion des réserves naturelles, la forêt tropicale, la croissance urbaine, les migrations, le développement agricole, et notamment l'action de l'homme sur l'environnement . Les contours du champ de recherche de la géographie de l'énergie commencent à peine à se dessiner. de nombreuses études techniques ont été réalisées à l'initiative de l'ademe et des collectivités ; elles portent sur la thématique de l'énergie en Guyane. ces dernières pourront donc alimenter notre recherche. L'analyse diachronique de l'énergie en tant qu'outil de structuration spatiale en Guyane et au Guyana, consiste à réaliser une étude comparative de l'évolution dans le temps de l'énergie dans deux territoires donnés afin d'identifier les similitudes, les différences, et notamment d'évaluer le développement des projets d'énergies comme élément responsable du maillage humain et de l'activité économique en Guyane et au Guyana. Comment justifier le choix de ce sujet ? comment en est-on arrivé à se demander si l'énergie est un outil de structuration spatiale dans les deux guyanes? La Guyane est un immense territoire où toute la population n'a pas accès à l'énergie de manière intégrale. aujourd'hui, le réseau électrique de la Guyane s'apparente à celui d'un système insulaire car elle ne dispose pas d'interconnexion avec ses pays voisins. Le réseau électrique dit « interconnecté » ne dessert que la zone littorale, où est installée la majorité de la population et notamment l'essentiel de l'activité économique du pays. A l'opposé, la zone intérieure dite « non interconnectée » dispose de moyens de production autonome, elle demeure précaire, peu peuplée et difficile d'accès. Pour faire face au développement croissant de la population et diminuer la dépendance énergétique aux importations de carburants, la politique énergétique régionale de la Guyane vise à maîtriser les consommations d'énergies et à promouvoir le recours aux énergies renouvelables pou


  • Résumé

    R la production d'énergies, soit donc à la valorisation des ressources autochtones. Les énergies renouvelables, appelées communément énergies de substitution et retrouvées également sous le terme d'énergies alternatives, désignent les énergies fournies par le soleil (l'énergie solaire), le vent (l'énergie éolienne), la terre (l'énergie de la biomasse, l'énergie géothermique et l'énergie hydraulique) et la mer (l'énergie marémotrice). Le solaire (photovoltaïque et thermique), l'hydraulique, l'éolien et la biomasse sont les potentialités locales renouvelables disponibles sur le territoire guyanais. Ces sources d'énergie peuvent conjuguer en un bouquet énergétique diversifié et contribuer donc au paysage électrique du système guyanais. Pour assurer l'équilibre de l'offre et de la demande, la planification énergétique guyanaise est engagée. Dans la république coopérative de Guyana, la localisation de la population est similaire et notamment la même structuration pour l'alimentation en énergie que l'on y retrouve. Guyana power & light (gpl), service public intégré appartenant au gouvernement avec une position de monopole sur la transmission et la distribution et un enjeu majeur dans la production dominait le secteur de l'électricité. Or, la consommation d'électricité a sensiblement augmenté tandis que la production installée et la capacité de distribution a augmenté à un rythme plus lent. La politique énergétique guyanienne, préconise le remplacement du pétrole importé, autant que possible, par des sources d'énergies renouvelables soit, l'utilisation accrue et plus efficace de l'énergie hydraulique et la bagasse pour la production d'électricité. le Guyana envisage la réduction de sa dépendance sur les importations de pétrole et vise à l'amélioration de l'efficacité énergétique grâce à ses possibilités de production d'électricité basées sur les ressources renouvelables liées à son industrie sucrière (bagasse) et notamment à ses centrales hydroélectriques et son potentiel de production d'énergie éolienne.