La relation interculturelle dans le processus d'innovation pour les marchés d'Afrique Subsaharienne

par Claude Moigno

Projet de thèse en Sciences de gestion

Sous la direction de Christophe Benavent.


  • Résumé

    Développer de nouveaux produits pour les consommateurs à très faibles revenus d’Afrique Subsaharienne est un enjeu majeur pour les entreprises mondialisées. Un enjeu qui relève de la relation interculturelle comme l'affirme le courant du "Bottom of the Pyramid" (BoP). Une relation interculturelle que le courant essentialiste explique par la réduction de la distance entre des variables d'innovation. La thèse adopte une perspective constructiviste de la relation interculturelle dans le processus d'innovation: la différence naît de la rencontre. En effet, l'écosystème BoP est très dynamique et hautement ambivalent. Nous cherchons à savoir si dans cet écosystème aimer, comme modèle culturel de la dynamique de la relation, est un modèle plus robuste de la relation interculturelle que le modèle de la distance. L'étude de cas a pour objet le développement d'une solution de paiement mobile dans une banque mondialisée pour des marchés d'Afrique Subsaharienne. L'analyse des données est faite grâce à une grille qui se fonde sur la "Practice Based View" et les théories de l'action. Malgré de bonnes idées, des ressources à foisons et des leaders forts, les données font apparaître le défaut de résolution efficace de fortes ambivalences. Nous écartons la réduction de la distance comme variable explicative majeure, car plus les obstacles s'accumulent, plus le dialogue, qui résout la distance selon le courant essentialiste, est évité. Par un raisonnement abductif, qui s'appuie sur une étude de la dynamique de la relation dans ses dimensions cognitives et affectives culturalisées, nous montrons qu'aimer est cette relation hautement intégrative qui fait défaut dans cet environnement spécifique.

  • Titre traduit

    Intercultural relationship in innovation process for the Sub-Saharan markets


  • Résumé

    New product development for the markets of the very low-income customer of Sub-Saharan Africa is a major stake for globalized companies. This stake pertains to intercultural relationship as claimed by the scholars belonging to the "Bottom of the Pyramid" (BOP) stream. The essentialist current explains intercultural relationship by the reduction of distance between the variable of innovation (resources commitment, capabilities of actors, senior management involvement). This thesis adopts a constructivist perspective of the intercultural relationship in the innovation process: the difference emerges out of the encounter. Indeed, the BoP ecosystem is very dynamic and highly ambivalent. We want to know if in this ecosystem, love as a cultural model of the dynamics of the relationship, is a more robust model of intercultural relationship than the model of distance. The case study has for object the development of a solution of mobile payment in a global bank for Sub-Saharan African markets. Data analysis is done through a grid based on the "Practice Based View" and action theory. Despite good ideas, extensive resources and strong leaders, the data reveal strong ambivalences solved inefficiently. We close the option of distance reduction as main explanation for the more obstacles arise in the project, the more the dialogue, that is supposed to solve distance, is avoided. By abductive reasoning, based on a study of the dynamics of the relationship in its culturalized cognitive and affective dimensions, we show that loving is this highly integrative relationship that is lacking in this specific ecosystem.