Savoirs-habiter : présage et usage de l'espace en temps de vulnérabilité urbaine - engagements profanes et enjeux mémoriels autour du projet urbain

par Halima M'birik

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Anne Raulin.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Economie, organisations, société (Nanterre) , en partenariat avec "Sophiapol EA 3932 laboratoire (laboratoire) depuis le 17-01-2011 .


  • Résumé

    L'objectif principal de la recherche sera d'explorer les multiples formes d'interactions et d'engagements qui se nouent autour du projet urbain. l'idée étant d'observer les échanges, sous toutes leurs dimensions, des habitants-citoyens-usagers, des associatifs, des professionnels et des élus, au moment même de la production du projet urbain. comment en situation de troubles urbanistiques, de recomposition, de restructuration et de transformations radicales de l'espace local (ici nous faisons référence autant à l'espace physique qu'à l'espace du politique en tant qu'espace public), les habitants agissent et s'investissent dans le projet de renouvellement urbain ? enquêter en situation de troubles, en ces moments liminaires où la fabrique de l'espace devient incertaine et hésitante, nous permettra alors d'observer sur le fait et sur le vif, les répertoires d'actions et de réactions que ces acteurs produisent et combinent pour rendre lisible, traduire et réinterpréter ces espaces en voie de transition. l'effort d'observation sera donc porté à la fois au moment de la conduite publique du projet où la programmation encore incertaine est soumise à « l'approbation » du public (phase prospective et de concertation) mais aussi au moment de la mise en acte du projet et au cours de sa réalisation (phase opérationnelle, lancement des travaux) et enfin au moment d'inauguration des nouveaux aménagements et de leur réception/adoption par les habitants (anciens habitants et nouveaux arrivants) du quartier. durant la première phase, nous nous focaliserons sur la scénographie publique qui se dessine autour du projet urbain. cette question de la scénographie publique nous conduira à réinterroger de manière critique cet idéal délibératif qui façonne et conditionne aujourd'hui la mise en place de tels projets urbains ; pour cela nous explorerons les lieux intermittents et interstitiels (espaces associatifs ou partisans ou tout simplement des échanges ordinaires) dans lesquels la parole publique peut se libérer et influer, dans une certaine mesure, sur le cours décisionnel (ou du moins sur le cours tendanciel) du projet urbain : qu'une multitude de voies et de chemins de traverses peuvent être expérimentés afin de s'investir, s'engager et se réapproprier les enjeux du projet. cette dimension de la parole nous mène nécessairement à aborder la question des compétences des acteurs : quels types de savoirs et de connaissances sont mobilisés par les habitants pour se représenter le projet et y réagir ? comment s'articulent-ils aux expertises professionnelles et politiques ? quelles sont les interférences et les dissonances qui naissent de cette confrontation entre savoirs profanes et savoirs institués ? l'idée serait donc d'observer comment les compétences ou les incompétences des uns et des autres sont amenés à s'énoncer en situation de vulnérabilité discursive qu'impose cette prise de parole éprouvée dans l'arène publique. nous chercherons à observer ce qui fait la spécificité du savoir-habitant, le savoir profane, et les représentations qui en sont à l'origine. comment s'expriment-ils et à travers quels registres langagiers s'énoncent-ils ? nous verrons enfin comment ces ressources discursives en empruntant aux registres mémoriels peuvent nourrir les différentes luttes qui s'engagent autour du projet urbain. dans ce sens, il nous paraît pertinent de travailler sur les registres symboliques et la production imaginaire à travers lesquels les acteurs se représentent les espaces voués à la transformation : faire cette symbolique-sémantique des espaces « en projet » nous permettra de déceler les procédés mémoriels et projectifs à travers lesquels les acteurs façonnent leur image du lieu : nous envisagerons à cet effet d'interroger le rôle de la mémoire dans la construction des représentations que les habitants se font de leur quartier. comment, en temps de renouvellement urbain, cette mémoire des lieux peut devenir conflictuelle et objet de lutte entre les différents acteurs du projet ; certains se transformant alors en entrepreneur de mémoire popul


  • Résumé

    Aire et d'autres au contraire se faisant entrepreneur de moralité urbaine. nous reviendrons plus particulièrement sur ces entreprises mémorielles que les habitants mettent en œuvre afin de préserver une certaine continuité entre les lieux du passé, ceux du quartier déclassé, et les nouveaux espaces neutres (ou neutralisé) du renouvellement urbain. de voir comment les habitants se font passeurs de mémoire et réinventent de ce fait le lien entre ce qui faisait le vieille ville, chargée de sens et de signification et la ville nouvelle.