Maladies et responsabilité quatre temporalités fabrication de la loi, procès, détention et sortie de prison

par Lara Mahi

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Philippe Combessie.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Economie, organisations, société (Nanterre) , en partenariat avec Sophiapol EA 3932 laboratoire (laboratoire) depuis le 14-10-2010 .


  • Résumé

    Notre thèse a pour objectif l'analyse de la façon dont les sociétés contemporaines construisent un lien entre maladie, responsabilité et culpabilité. afin de saisir cette relation, nous avons fait le choix d'une posture innovante, en portant notre regard sur quatre moments de la chaîne pénale : 1/ la fabrication de la loi, 2/ la décision d'incarcération, 3/ la période de détention et 4/ la sortie de prison. nous mettrons au jour les facteurs explicatifs qui font que certaines configurations socio-historiques peuvent conduire à une pénalisation voire à une sur-pénalisation des « malades » alors que d'autres configurations socio-historiques et/ou d'autres virus ou infections permettent aux « malades » d'être, au contraire, totalement ou partiellement prémunis contre la sévérité d'une éventuelle répression pénale. notre recherche s'inscrira à la croisée entre les champs de la santé publique et du contrôle social et s'articulera autour de la question suivante : les sociétés contemporaines surcondamnent-elles les malades ou, à l'inverse, les excusent-elles? nous mènerons une recherche comparative entre deux pathologies emblématiques, le vih/sida d'une part et le cancer d'autre part, au travers desquelles la question de la « responsabilité » est régulièrement posée. 1/ la fabrication de la loi : de quelles manières le droit se saisit-il de la maladie? a quels moments, dans quels contextes socio-historiques, cette dernière devient-elle un facteur excusant ou, à l'inverse, un facteur d'incrimination?2/ la décision d'incarcération : lors d'un procès pénal, les personnes « malades » inquiétées sont-elles plus (ou moins) souvent condamnées à de la prison? la maladie est-elle un déterminant de la peine? autrement dit, l'état de santé physique est-il pris en compte comme peut l'être, par exemple, la maladie mentale?3/ la période de détention : en détention, les personnes malades subissent-elles un traitement différent? la maladie instaure-t-elle un degré de pénibilité différent? quel est l'impact de la qualité de vie, en détention, sur l'évolution de ces maladies? 4/ la sortie de prison : comment est envisagée la poursuite des soins médicaux une fois que les ex-détenus, malades, retrouvent leur autonomie? comment la loi du 4 mars 2002 est-elle appliquée? s'adresse-t-elle à toutes les pathologies? l'analyse du traitement de ces deux pathologies aux propriétés singulières (transmissible pour l'une et parfois imputable aux conditions de vie pour l'autre ; toutes deux associées, dans l'imaginaire collectif, à des comportements stigmatisés tels que l'alcool, le tabac, l'alimentation, la toxicomanie ou l'homosexualité), à quatre moments de la chaîne pénale, nous permettra de monter en généralité et de saisir le regard, plus large, porté par la société sur l'éventuelle responsabilité d'un malade dans la pathologie dont il souffre.


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