La franc maconnerie et les femmes au temps des Lumieres : Angleterre, France et territoires allemands

par Marie anne Mersch

Projet de thèse en Études anglophones

Sous la direction de Cécile Révauger.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de École doctorale Montaigne-Humanités (Bordeaux) , en partenariat avec Sciences, Philosophie, Humanités (Bordeaux) (equipe de recherche) depuis le 14-10-2010 .


  • Résumé

    La franc-maçonnerie spéculative s’est répandue en Europe de l’ouest durant tout leXVIIIe. Bien que les Constitutions d’Anderson interdisent catégoriquement l’admission des femmes dans les loges maçonniques, il s’avère que des femmes furent initiées en France et en Allemagne. La présente étude part du constat que nous sommes confrontés à un double phénomène en ce qui concerne la franc-maçonnerie et les femmes. D’un côté leur exclusion formelle des loges instituées pour les hommes dotées de règlements délivrés par leurs obédiences respectives. D’un autre côté l’existence prouvée de l’initiation des femmes dans des loges maçonniques. L’organisation de ces loges nous renvoie immédiatement à d’autres constats. Plusieurs questions se posent d’emblée. Quelles sont les raisons précises de cette exclusion et d’où tirent-elles leur origine? La définition de la femme fut-elle la même dans les sociétés anglaise, française et allemandes du XVIIIe siècle ? Si l’on parvient à identifier les causes, pourrons nous établir si elles sont intrinsèques à la franc-maçonnerie ou plutôt liées à la délimitation entre sphère publique et privée ? Enfin comment expliquer dès lors que cette exclusion ait pu être dépassée et contournée et qu’un modèle d’intégration des femmes ait pu être inventé? Dans une première partie la recherche repose sur les mentalités existantes dans les trois pays au vu des paroles des francs-maçons au sujet des femmes. Dans la deuxième partie sont analysés avec détail les arguments qui ont justifié l’exclusion des femmes de la franc-maçonnerie. La troisième partie est accordée aux loges féminines. Une attention particulière est apportée aux discours prononcés dans les loges féminines ainsi qu’aux différents rituels utilisés. Les sources à l’appui sont principalement des sources primaires, tels que des ouvrages du XVIIIe siècle, les articles de presse, mais aussi les chansons et les poèmes.

  • Titre traduit

    Freemasonry and women during the Enlightenment: England, France and the German territories


  • Résumé

    Freemasonry spread throughout Europe in the eighteenth century. Although the Constitutions of Anderson barred women from membership right from the beginning, women were initiated in France and Germany. The present research starts from the observation that we are confronted to a double phenomenon. On the one hand the formal exclusion from male lodges according to the regulations of the Grand Lodges. On the other hand the proved existence of the initiation of women in masonic lodges. The organization of these lodges suggests other remarks and several issues have arisen. What are the precise reasons of this exclusion and what are its origins? Are women defined in the same way in England, France and Germany? If we can identify the reasons of this exclusion, are they intrinsic to freemasonry itself or rather linked to the definition of the public and private spheres? How can we explain that these rules of exclusion could be overcome and that a model of integration be invented? In the first part of this study the research is based on the mentalities existing in the three different societies with regard to the freemasons’ opinions on women. The second part is analysing the arguments brought forward to justify women’s exclusion from freemasonry. The third part deals with women's lodges and particular attention is given to the speeches delivered in these lodges as well as to the rituals in use. The documentation consists mostly in primary sources, such as books published in the eighteenth century, press articles, but also masonic songs and poems.