La science et l'esprit : pratiques et théories dans le champ psy. une approche épistémologique

par Florent Michaux

Projet de thèse en Psychologie

Sous la direction de Francois Richard.

Thèses en préparation à Paris 7 depuis le 22-04-2010 .


  • Résumé

    Mon intérêt pour le problème des rapports qu'entretient la psychanalyse avec la psychologie d'une part, et avec l'ensemble du champ scientifique d'autre part, s'est précisé en observant l'ampleur du débat récemment soulevé par la question de l'évaluation de l'efficacité des psychothérapies en général et de la psychanalyse en particulier. or si l'on remet en cause sa qualité de « méthode de traitement des troubles psychiques » , la psychanalyse ne se voit-elle pas contester dans le même mouvement son statut de méthode originale d'observation des phénomènes psychiques ainsi que sa prétention à les réunir intelligiblement en une théorie scientifique ? ce statut de discipline scientifique indépendante nuirait-elle au développement d'une psychologie expérimentale, étayée par les avancées des neurosciences, de la biologie et de la génétique et à laquelle il faudrait réserver le privilège de produire des connaissances « vrais » ? dans un ouvrage récent, georges pragier et sylvie faure-pragier s'interrogent à propos des conditions dans lesquelles les psychanalystes peuvent user de métaphores inspirées « d'un modèle scientifique » appartenant à une discipline dite « dure », telle que la physique. ils proposent d'aborder la question du changement survenant au décours de la cure par une voie ni théorique ni empirique, mais par ce qu'il désigne comme une troisième voie, celle de la « simulation » en tant que méthode de comparaison des données empiriques aux différentes solutions offertes pour les mettre en sens au travers d'un système complexe d'hypothèses. ces auteurs choisissent de ne pas traiter les questions d'ordre épistémologique et discutent uniquement de la pertinence de différentes métaphores offrant a priori des modes de figuration heuristiques des processus psychiques à l'œuvre au cours de la cure analytique. je fais pour ma part le choix d'entrer de plein pied dans la discussion épistémologique afin de montrer en quoi la psychanalyse, dès les choix fondateurs opérés par sigmund freud en abandonnant « l'esquisse d'une psychologie scientifique », révèle un aspect méconnu de la démarche scientifique et complémentaire de la méthode expérimentale : la modélisation. celle-ci se définit comme l'« action d'élaboration et de construction intentionnelle, par composition de symboles, de modèles artefacts susceptibles de rendre intelligible un phénomène perçu complexe, et d'amplifier le raisonnement de l'acteur projetant une intervention délibérée au sein du phénomène ; raisonnement visant notamment à anticiper les conséquences de ces projets d'actions possibles » les divergences théoriques et épistémologiques ayant présidés à la rupture entre sigmund freud et carl gustav jung me permettront d'éclairer la tension essentielle entre d'une part l'idéal scientifique prévalant au début du xx° siècle (et qui ne manque pas de nos jours de faire retour) et la volonté d'affirmer que l'expérimentation en laboratoire est incapable de permettre la saisie des phénomènes psychiques dans toute leur subtilité. l'esprit s'étudiant lui-même, en réduisant l'écart sujet-objet, pose en effet des problèmes logiques qu'il n'est plus possible d'ignorer depuis les travaux du psychologue jean piaget . les développements contemporains de cette pensée ont permis de proposer une série d'axiomes et de préceptes alternatifs à ceux encore admis comme allant de soi dans le milieu scientifique contemporain. a l'axiomatique de la « modélisation analytique », source de progrès considérable en physique, répond désormais l'axiomatique de « la modélisation systémique » dont on peut considérer la psychanalyse comme un des développements les plus paradigmatiques du 20° siècle, à côté des sciences de la cognition ou des sciences de l'artificiel . proposition étonnante s'il en est, compte tenu des débats contemporains opposants les tenants de la psychanalyse et les « cognitivistes », et que j'argumenterai longuement. le psychanalyste andré green a eu cette intuition fondamentale suite à la lecture de l'œuvre d'edgar morin , certes au travers du filtre du concept phare avancé par cet auteur : « la complexité ». notre travail consistera à préciser les tenants et les aboutissants de ce rapprochement. au cours de cette thèse, j'exposerai donc l'histoire et les principes du courant épistémologique dit « constructiviste » et j'essayerai de montrer en quoi il peut fournir un cadre de pensée cohérent pour formuler des réponses aux nombreuses questions évoquées par green dans son article, dans la mesure où elles nous paraissent refléter les problèmes soulevés par la pratique contemporaine de la psychanalyse et de la psychologie et par leurs confrontations aux sciences dites « dures ». mon objectif est de montrer en quoi ce point de vue est le plus à même de favoriser des dialogues féconds entre les différentes disciplines, sans sacrifier aucunement à l' « obstinée rigueur » (devise de léonard de vinci) qui est le propre de l'activité scientifique. (48 lignes) florent michaux.


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