Vers une psychopathologie du comportement antisocial à l'adolescence comme une aporie du devenir sujet.

par Luis Mardones

Projet de thèse en Psychanalyse

Sous la direction de Jean-Bernard Chapelier.

Thèses en préparation à Paris 7 depuis le 19-04-2010 .


  • Résumé

    Les comportements antisociaux à l'adolescence ne sont pas toujours un passage à l'acte impulsif, sinon plutôt une expression de l'agressivité vers une altérité. la lecture des signes pas toujours clairs du comportement antisocial chez l'adolescent devient plus difficile lorsque nous regardons de près la pathologie proprement dite. son évolution clinique serait-elle asymptomatique névrose de destinée ? une observation plus claire serait-elle possible que dans la durée ? caché par l'absence d'une demande réelle de la part du sujet, le symptôme ne devient évident que dans le contact avec l'autre. les attaques vers autrui qui s'expriment dans le comportement antisocial, portent des affects agressifs et libidinaux ; où intensité et durée forment la spécificité et la singularité d'un cadre psychopathologique indépendant. nous pouvons faire l'hypothèse que les notions : tendance antisociale de winnicott, jeunes en souffrance d'aichhorn, narcissisme maligne de la personnalité de kernberg, et bien sur personnalités avec besoin de punition de freud, amènent la notion de la pulsion de mort . nous trouvons diverses expressions psychopatologiques, répandues indistinctement entre les pathologies de l'agir et tous ses dérivés : agressivité, consommation précoce de substances, conduite suicidaires... je propose comme concept central dans toutes ces manifestations psychopatologiques une aporie du développement dans le sujet adolescent qui cache un malaise plus profond : l'angoisse d'exister liée à la destruction totale de l'altérité, jusqu'au risque de l'effacement du sujet lui même. si l'on songe à la tendance antisociale en tant que signe d'espoir winnicott, le paradoxe de juger positivement un geste antisocial éclate sous la forme d'une question : comment se permettre d'avoir une lecture différente de ce que voler, mentir, ou consommer des drogues veut dire? la proposition de winnicott est orientée vers une lecture de la tendance antisociale en tant qu'appel vers une altérité pouvant attester de la présence de l'autre dans toute sa dimension. alors, la lecture de l'espoir par l'autre devient elle la seule sortie de l'aporie ? je pense l'aporie à partir du concept philosophique a-porie : grec sans passage, et de la pensée de j. derrida sur le paradoxe en tant qu'aporie. néanmoins, une lecture symptomatique de la tendance antisociale exige, selon moi, l'introduction de la notion de subjectivation. ce n'est qu'ainsi que l'observation d'une entité nosologique du comportement antisocial proprement dit devient accessible. afin de démontrer une telle énonciation, je propose l'utilisation de la notion d'aporie, et de ses implications une fois appliquée à la subjectivation, notamment lorsque son déroulement est touché par des interruptions. a partir de cela, je pense les impasses de la subjectivation de cahn fonction désobjectalisante de green en rapport à la pulsion de mort, principalement à ses manifestations occultés comme la névrose de destinée, la compulsion de répétition et la névrose de caractère..tout cela à mon avis, permettrait de contribuer à une perception plus précoce de l'apparition des troubles du comportement, et permettrait aussi de diminuer le risque de chronicité avec la sentence d'un trouble antisocial de la personnalité.


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