Pratiques archéologiques dans l'Algérie coloniale et post-coloniale

par Kahina Mazari

Projet de thèse en Anthropologie sociale et ethnologie

Sous la direction de François Pouillon.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 24-02-2010 .


  • Résumé

    Depuis l'indépendance politique de l'algérie en 1962, le rapport à l'antiquité romaine – comme objet de science ou comme potentiel héritage historique – est indifféremment marqué du sceau de l'entreprise coloniale française. ce rejet radical au profit d'une réhabilitation d'un âge d'or arabo-musulman ne considère ni la part scientifique accordée à l'antiquité romaine ni la complexité du paradigme colonialiste et des nécessaires nuances à apporter entre les différents usages de la période antique. dès les débuts de la conquête, en 1830 et durant toute la période coloniale, cette référence à rome est plurielle ; d'une algérie comme berceau d'une méditerranée latine (louis bertrand puis l'école algérianiste) ou cosmopolite (gabriel audisio, fernand braudel, etc.). cet investissement de l'antiquité romaine dépasse largement le champ des sciences historiques pour se retrouver à la fois dans le champ des discours politiques, littéraires et touristiques. la revendication de l'héritage romain s'exprime en termes de stratégies militaires ou religieuses et opère comme filtre dans la lecture de la structure sociale indigène, opposant le berbère dernier témoin de la vie sociale antique contre l'arabe inassimilable pour l'œuvre civilisationnelle de la nation française. cela ne fait pas pour autant des érudits français les dépositaires des savoirs sur l'antiquité romaine ; reconnus aux allemands qui expriment par ce biais leur propre idéal national. ainsi, par la mise en regard des travaux archéologiques mais aussi philologiques et épigraphiques, français et allemands, croisés à une relecture latérale des élaborations théoriques sur l'idée de nation et de science, nous entendons extraire, de façon quasi clinique, les marqueurs idéologiques de la part du discours scientifique sur l'africa romana à l'œuvre dans la construction des différents régimes d'historicités en synchronie dans l'algérie coloniale. ce retour à la genèse de la construction de l'antiquité romaine comme objet de science, au cours d'un long xixème siècle marqué par l'avènement d'une histoire positiviste ainsi que l'affirmation croissante des nationalismes français, allemand, puis algérien dans les années 1920, nous conduira à terme vers une lecture des reformulations du passé, encore conflictuelles, dans l'algérie indépendante.


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