« Quelles bestes sont ce là ? » L’humanisme rabelaisien à l’épreuve de ses bestiaires

par Louise Millon

Thèse de doctorat en Littératures française et francophone

Sous la direction de Michel Magnien et de Jean-Claude Schmitt.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (Paris) , en partenariat avec Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (établissement de préparation) et de Formes et idées de la Renaissance aux Lumières (2005-... ; Paris) (laboratoire) depuis le 21-10-2008 .


  • Résumé

    Cette thèse propose une étude globale des bestiaires rabelaisiens à partir de l’exploration de ses sources antiques et médiévales. La focale critique se concentre d’abord sur les torsions qu’impose Rabelais aux genres littéraires rattachés à des figures animales prototypiques : l’inversion des paradigmes épiques du cheval et du porc ; le brouillage et la démultiplication des bêtes charivariques et farcesques ; la mise en crise des animaux exemplaires de la fable. Elle s’ouvre ensuite aux jeux du célèbre humaniste avec les figures animales des écrits savants et sérieux : encyclopédies, littérature gnomique, livres de cuisine. Finalement, le point de vue se renverse pour examiner les effets esthétiques et sensoriels de ces bestiaires sur le lecteur et l’auditeur, et en dégager une certaine esthétique grotesque. Cette enquête débouche sur la redéfinition de l’humanisme rabelaisien, qui se révèle dans l’épreuve et à l’épreuve d’une profusion d’images animales.

  • Titre traduit

    "Quelles bestes sont ce là ?" Rabelaisian humanism in the light of its bestiaries


  • Résumé

    This dissertation analyses François Rabelais’ bestiaries through the exploration of its antique and medieval sources. The first part of this thesis focuses on the way Rabelais distorts certain literary genres containing prototypical animal figures by reversing the epic paradigms associated with horses and boars, multiplying and merging farces and charivaris’ animals, and undermining the exemplary animals portrayed in the fables. The next part uncovers how the famous humanist plays with animal figures drawn from scholarly and serious writings such as encyclopedias, gnomic literature, and recipe books. The third part overturns this perspective to examine the aesthetical and sensory impact of these bestiaries on the reader and listener as well as the grotesque aesthetic they seem to thrive from. Overall, this investigation leads to a redefinition of the Rabelaisian humanism, which reveals itself through an abundance of animal images.