Pouvoir et société dans le Gabon actuel : economie politique de l'assujettissement

par Arsel Morongui

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Renaud Dorandeu.

Thèses en préparation à Paris 9 , dans le cadre de Ecole doctorale de Dauphine (Paris) , en partenariat avec Irisso (laboratoire) depuis le 24-11-2008 .


  • Résumé

    Contraint au début des années 1990 à restaurer le multipartisme par des mobilisations multisectorielles sans précédents, et pressé de l’extérieur par les bailleurs de fonds pour libéraliser l’économie, le pouvoir gabonais semble pourtant, vingt ans plus tard, avoir survécu à ces « années de braise ». La nouvelle élite contestataire qui émergea durant cette période avait même fini par rejoindre le camp du président Bongo, alors que la population, dépendant en grande partie des emplois publics et des transferts sociaux de l’Etat, s’était résignée : « on va encore faire comment ». Comment de façon concrètes les relations de pouvoir se sont-elles (re)construites au lendemain des mobilisations multisectorielles et des revendications démocratiques qui avaient secouées ce régime au début des années 1990? Comment le « doyen » Bongo avait-t-il pu prolonger de vingt ans encore son pouvoir dans un contexte de fluidité politique et d’incertitude socioéconomique (explosion de la démographie, accroissement du VIH/SIDA, fracture ethnique Nord/Sud, montée exponentielle des partis politiques) ? Comment de façon concrète, le régime Bongo est-il parvenu à « discipliner » la société, à mettre au pas les dynamiques sociales capables de conflit ? Autrement dit, qu’est ce qui a rendu possible, au cours de ces vingt dernières années au Gabon, longévité politique d’Omar Bongo et renouvellement de la classe dirigeante, routine électorale et refus d’alternance, libéralisation économique et restauration de l’autoritarisme, multipartisme et triomphe de la pensée unique ? Quels ont été, sous Bongo, les ingrédients concrets de la « servitude volontaire » ? A partir d’une approche sociohistorique, l’objectif de cette thèse est de dévoiler la « gouvernementalité », au sens foucaldien, qui a insidieusement façonné l’assujettissement politique des masses au Gabon sous Omar Bongo.

  • Titre traduit

    Power and society in Gabon : political economy of subjugation


  • Résumé

    Forced in the early 1990s to restore the multiparty, after multisectoral mobilization unprecedented, and pressed from the outside by donors to liberalize the economy, the gabonese power seems, twenty years later, having survived to these "years of fire ". The new protest elite that emerged during this period had even ended up joining the camp of President Bongo, while the population, depending largely on public employment and State social transfers, had resigned: "we will still how to do. " How concretely, relations of power have been (re) constructed after this multisectoral mobilization and democratic demands which had shaken the regime in the early 1990s? How the "dean" Bongo had he been able to extend more than twenty years his power in a context of political fluidity and socioeconomic uncertainty (population explosion, increasing HIV / AIDS, ethnic divide North / South, exponential rise political parties)? How concretely, the Bongo regime did it get to "discipline" society, in bringing the social dynamics that can conflict? In other words, what made it possible, during the last twenty years in Gabon, Omar Bongo's political longevity and renewal of the ruling class, and routine denial of electoral alternation, economic liberalization and restoration of the authoritarianism, pluralism and triumph of the single thought? What were, in Bongo,the ingredients of "voluntary servitude"? From a socio-historical approach, the objective of this thesis is to unveil the "governmentality", in Foucault's sense, which has insidiously shaped the political subjugation of the masses in Gabon under Omar Bongo.