L’élection présidentielle comme levier de pérennisation dans le système élitaire au Cameroun de 1992 à 2011

par Marie Mimesse me fame

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Rémi Lefebvre.

Thèses en préparation à Lille 2 , dans le cadre de École doctorale des Sciences Juridiques, Politiques et de Gestion (Lille) depuis le 01-10-2008 .


  • Résumé

    Notre travail se propose d’analyser selon quelles modalités se mettent en place et évoluent les intégrations élitaires de type thermidorien qui sont à l’oeuvre au Cameroun de 1992 à 2011, au travers des transactions liées à la candidature aux élections présidentielles. En décembre 1990, après 4 décennies d’un régime présidentiel monolithique, des forces d’opposition émergent à l’occasion de la libéralisation de la vie politique, dans l’optique de renverser le pouvoir en place, dans une logique révolutionnaire. Au bout de deux décennies de pluralisme, à défaut d’avoir remplacé le pouvoir en place, certains des membres de la fronde contre le pouvoir sont intégrés dans les instances gouvernementales du régime, occasionnant une révolution thermidorienne. Nous passons en revue les différents éléments (systémiques et conjoncturels) facilitateurs de l’intégration élitaire, au sortir d’une période autoritaire et qui favorisent les intégrations des anciens révolutionnaires dans le centre du pouvoir. Les conditions analysées sont les suivantes en ce qui concerne les éléments systémiques : une structuration élitaire centralisée qui freine la mise en place d’un polycentre, une opposition autonome, un recrutement élitaire décentralisé, le mésocratisme comme coutume du champ politique. Les éléments conjoncturels qui initient l’intégration élitaire postautoritaire, et que nous analysons, sont les suivants : la possession par les élites émergeantes des caractéristiques de la nouvelle donne du jeu politique (référentiels démocratiques), le défaut de cette nouvelle caractéristique chez les élites en position dans le pouvoir central, la capacité chez les élites intermédiaires d’exercer une pression sur le centre du pouvoir, afin de modifier l’agenda politique, et enfin, la possibilité pour les élites en place de mettre à profit les leviers institutionnels dont ils disposent pour rassembler les différentes factions en présence

  • Titre traduit

    Presidential elections as a lever of sustainability in the elitist system in Cameroon from 1992 to 2011


  • Résumé

    Our work aims at studying how the thermidorian-type elite integrations witnessed in Cameroon from 1992 to 2011 are set up and evolve, based on transactions linked to the candidacy for presidential elections. In december 1990, after 4 decades of one-party presidential system, opposition forces emerged thanks to the liberalisation of political life in december 1990, with the aim of toppling the powers that be, through a revolutionary move. After two decades of pluralism, some members of the opposition who have not succeeded to replace the people in power are integrated into public bodies of the regime, thus causing a thermidorian revolution. We are reviewing the various elements (system and situational) facilitating elite integration at the end of an authoritarian period and which foster the integration of former revolutionaries into the centre of power. The following conditions are reviewed, including: a centralised elite structure which hinders the setting up of a polycentre for an independent opposition, a decentralised elite recruitment, mesocratism as a practice in the political field. Situational elements which promote the integration of post-authoritarian elite and that we are analysing are the following :emerging elite possess the characteristics of the new order of political game (democratic references), elite in the central power lack of this new characteristics, intermediary elite are able to mount pressure on the central power to change the political agenda, and lastly, the elite in power can use institutional levers at their disposal to bring the various existing factions together