De l’underground à la superstructure : émergence de la notion de performance dans le discours critique des pratiques théâtrales expérimentales (1963-1973)

par Marielle Pelissero (Labouz)

Thèse de doctorat en Arts du spectacle

Sous la direction de Christian Biet.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Lettres, langues, spectacles (Nanterre) , en partenariat avec Histoire des arts et des représentations (Nanterre) (laboratoire) depuis le 09-12-2010 .


  • Résumé

    Au fil des trente dernières années, la notion de performance semble avoir acquis une place décisive dans le discours critique et esthétique du champ théâtral français. Cette étude vise à révéler les conditions dans lesquelles la notion de performance change de statut au sein du discours critique français, à travers une archéologie de la notion qui explore la décennie précédant son apparition dans le discours critique du théâtre en France. Il s’agit de rendre compte des débats et des frictions qui conduisent progressivement à cette émergence, à partir des discours des artistes, des organisateurs et des observateurs (spectateurs et critiques) des pratiques théâtrales dites expérimentales. La thèse étudie d’abord le discours de réseaux artistiques périphériques et parisiens de la période 1963-1968 : les premières éditions de la Semaine Sigma de Bordeaux, la branche Fluxus de l’École de Nice, ainsi que festival parisien de la Libre Expression qui présente le Théâtre Panique et organise des happenings. L’étude se concentre ensuite sur le discours relatif à la séquence 1969-1973 du Festival Mondial du Théâtre de Nancy. On y retrouve les mêmes concepts, exprimés cette fois au service d’un nouvel esprit du théâtre, dont l’enjeu consiste à établir un nouveau territoire critique et esthétique à même de garantir à la discipline théâtrale une place forte au sein de la société. De façon a priori paradoxale, les caractéristiques de la performance s’accordent à la fois aux pratiques théâtrales expérimentales et à une société marquée par l’économie capitaliste. De la contre-culture à la superstructure, cette historiographie tente de rassembler des éléments d’éclairage à cette problématique.

  • Titre traduit

    From underground to superstructure : emergence of the notion of performance in the critical discourse of experimental theatre. (1963-1973)


  • Résumé

    Throughout the past three decades, the notion of performance seems to have gained a crucial place in the French field of theatre’s critical and esthetical discourse. This dissertation intends to find out the conditions in which the notion of performance evolves inside the French critical discourse, exploring the decade preceding its advent in the critical discourse on theatre in France. The aim is to map an archaeology of the notion and to report the debates and frictions which progressively led to its emergence, out of the discourses of artists, curators and observers (spectators and critics) of the so-called experimental theatre practices. The study first analyses the discourse related to some artistic networks -peripheric and Parisian- during the 1963-1968 period, such as the first festivals Sigma in Bordeaux, the Fluxus branch of École de Nice, and the Parisian festival of Libre Expression, which presents the Panique Theatre and happenings. The dissertation then focuses on the discourse related to the 1969-1973 sequence of the International Theatre Festival of Nancy. One witnesses the same concepts, expressed this time in order to underwrite a new spirit of theatre, the stake of which is to set up a new critical and esthetical territory, able to ensure a stronghold position for the theatre field within the society. This historiography gathers elements to clarify how the features of performance can match both the experimental theatre practices and the society outlined by the capitalistic economy, from counter-culture to superstructure.