Théorie de l'architecture organisationnelle et prévention des comportements déviants : quelles leçons des scandales financiers ?

par Amel Laichoubi

Projet de thèse en Sciences de gestion

Sous la direction de Jean-philippe Denis.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Economie, organisations, société (Nanterre) , en partenariat avec Je2478 ceros (laboratoire) depuis le 10-01-2011 .


  • Résumé

    Depuis plusieurs années, différents scandales financiers se sont succédés : affaires barings, crédit lyonnais, enron, xerox, worldcom, vivendi, eads, lehman brothers… voire même, pour certains, société générale. les scandales partagent cependant souvent pour caractéristique commune d'avoir été plébiscités, d'abord, comme des exemples de réussite. les analyses traditionnelles des scandales, inspirées du cadre théorique de la gouvernance financière, se rejoignent généralement sur l'idée que seraient prioritairement en cause des défaillances des dispositifs de contrôle ou encore les limites du conseil d'administration en tant qu'instance de régulation. cependant, il est rarement fait mention du fait que ce sont aussi, pour ne pas dire surtout, les choix stratégiques des équipes dirigeantes qui pourraient être en cause en ayant par exemple justifié des prises de risque inconsidérées ou rendues légitimes des comportements éthiquement condamnables. dans notre thèse, qui fait suite à une première recherche consacrée au système de surveillance en usage au sein de la société générale, nous tenterons donc de comprendre les ressorts profonds des comportements déviants. cette analyse sera menée à partir de l'analyse de l'architecture organisationnelle proposée par m.c. jensen et w.h. meckling. charreaux (2002) propose une définition de l'architecture organisationnelle comme : « des systèmes d'allocation des décisions, de mesure de la performance et d'évaluation ». pour lui l'architecture organisationnelle peut être appréhendée selon deux perspectives, la perspective contractuelle et la perspective cognitive. la perspective contractuelle suppose que l'environnement est concurrentiel, que les stratégies sont prédéterminées et que les conflits d'intérêts sont potentiellement exacerbés. selon cette optique, l'essentiel est donc de discipliner et de prévenir les comportements déviant en agissant sur trois variables : le degré de délégation du pouvoir décisionnel, les mécanismes de surveillance, et la structure des incitations (wirtz, 2008). lorsque l'on analyse un scandale, il s'agit donc, a minima, d'évaluer comment, en se combinant, une architecture organisationnelle a failli à prévenir les comportements déviants. charreaux (2002) reproche cependant à cette perspective de ne pas considérer la complémentarité entre les trois dimensions d'une architecture organisationnelle en vue moins de discipliner mais de contribuer à la création de connaissances nouvelles. les stratégies apparaissent alors non pas prédéterminées dans un environnement complexe ; et les conflits d'intérêts présupposés par l'optique le courant disciplinaire de la gouvernance peuvent même devenir sources d'apprentissage. si on prend cette seconde optique, on est en droit de s'interroger : la gouvernance financière n'aurait-elle pas certes failli à prévenir les comportements déviants, mais aussi ne les aurait-elle pas également favoriser voire inciter ?cette intuition et ces grilles de lecture seront confrontées à un échantillon de scandales sur la base prioritairement de données de seconde main. si elle devait s'avérer juste, alors il faudrait sans doute, avec martinet (2008) militer pour un système de contrôle et d'encadrement plus inclusif, plus horizontal, plus ouvert. on s'efforcera d'en imaginer les formes possibles sur la base du postulat que guider et réguler le risque de déviance ne peut être qu'une opération délicate : il s'agit rien de moins que de discerner, a priori, les comportements susceptibles d'être déviants de ceux qui sont légitimes au nom de la prise de risques stratégique.


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