Histoires de familles et de transmissions : Une sociologie des pratiques festives

par Marie Le Grandic

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Bruno Péquignot.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Arts & médias (2009-2015 ; Paris) depuis le 18-11-2009 .


  • Résumé

    Cette étude interroge les fonctions sociales et anthropologiques des fêtes familiales par l’analyse en particulier de sa fonction de transmission. L’étude de ces fêtes contribue à la recherche de la complexité des liens sociaux. Elle montre en effet que ces espaces sont ambivalents par l’aspect intégrateur et excluant de la fête. En présentant les différents éléments matériels et immatériels transmissibles, elle explore la variété de ces processus. La fête socialisée et socialisante, engendre un apprentissage par inculcation et par imprégnation. La relation éducative semble favorisée par l’ambiance particulière de ces festivités qui rapproche les corps et autorise un relâchement. Cette proximité rend les participants plus attentifs à l’autre et plus enclin à une réciprocité relationnelle. Autour de la table, les membres de la famille négocient la mémoire familiale par le partage d’expériences communes et par la narration d’anciens souvenirs, notamment des fêtes passées ou à venir. Entre pudeur et exaltation, ces groupes constituent des entre-soi signifiants pour la construction de ceux-ci, mais aussi pour l’individu et son rapport à l’altérité. Dans cette chorégraphie bien réglée, les différentes phases de la fête ménagent des espaces de rencontres pour une mise en dialogue ouvrant la possibilité à l’individu de narrer son histoire et de penser son identité plurielle. D’un point de vue méthodologique, cette analyse qualitative de pratiques festives dans un cadre familial se révèle être proche d’une méthode ethnographique, associant une observation participante et une récolte de diverses paroles. Impliquant son propre sujet, l’enquêteur propose un questionnement autour de la proximité entre le chercheur et son terrain.

  • Titre traduit

    Stories of Family and Transmission : A Sociology of Festive Practices


  • Résumé

    This thesis looks at the social and anthropological functions of family celebrations, and focuses in particular on transmission. The study of these festive gatherings contributes to an exploration of the complexity of social ties. It shows that these spaces are ambivalent, as they both integrate and exclude from festivities. The material and immaterial elements that can be passed down are introduced in all their variety. Festive practices socialise while also being a social product themselves, and create learning opportunities through processes of inculcation and impregnation. The educational relationship seems heightened by the particular atmosphere of these celebrations, which bring people physically closer and allows the relaxing of rules and habits. Through this proximity, participants become more attentive to each other, and more inclined to reciprocity in their relationships. Around the table, relatives negotiate the family memory by sharing their experiences and through the narration of old memories, especially past or future celebrations. Between reserve and elation, these groups thus create a sense of community that is significant both for the group’s evolution and for the individual, and his or her attitude towards others. Along the way, the different phases of festivities create space for encounters and dialogue, which allow individuals to tell their story and process their plural identity. From a methodological perspective, this qualitative analysis of festive practices within the framework of the family draws on an ethnographic approach, and combines participant observation with the gathering of multiple voices. Through her own involvement, the writer questions the proximity between the researcher and the field studied.