Parentalité pathologique et soins précoces : formes et pratiques de prévention et de prises en charge autour de la maternité des femmes qui ont des troubles psychopathologiques.

par Lynda Lotte

Projet de thèse en Psychologie

Sous la direction de Drina Candilis-Huisman et de Gisèle Danon.

Thèses en préparation à Paris 7 depuis le 20-04-2010 .


  • Résumé

    Le travail de thèse portera sur la grossesse des femmes qui présentent des troubles psychopathologiques et sur les dispositifs de soins mis en place à cette période. il s'agira de dresser un état des lieux de l'offre de soins et des pratiques de prévention proposées afin d'apprécier l'adéquation de l'action des unités de soins à la prise en charge de ces patientes, évaluation des effets thérapeutiques ainsi que les formes de pratiques de travail auxquelles elles donnent lieu. l'objet de la recherche se situe à l'intersection d'une réflexion clinique scientifique, institutionnelle prévention précoce et organisationnelle réseau. depuis ces 15 dernières années, en france, la psychiatrie périnatale fait l'objet d'une attention de plus en plus marquée de la part des professionnels du soin et des responsables des politiques de santé. la période périnatale est en effet, le moment privilégié pour repérer les risques de désorganisation de la relation mère-bébé et formaliser une offre de soins spécifiques dans le cadre d'une prévention précoce et d'une prise en charge des troubles maternels. a cette période, on peut observer chez certaines femmes, une souffrance psychique organisée qui les plonge dans une exceptionnelle vulnérabilité. comme l'indique le rapport psychiatrie et périnatalité commandé en novembre 2001 par la direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins et la direction générale de la santé, 10% des femmes enceintes soit 75000 chaque année connaissent un syndrome dépressif qui retentit sur les relations avec le nourrisson dans un quart des cas. durant le post-partum, le risque d'admission en psychiatrie est multiplié par 7 tandis que 15% des accouchées sont sujettes à une dépression. le risque de décompensation psychiatrique aigüe est majeur, aussi chez les femmes qui présentent des antécédents psychiatriques, ce risque est 25 fois plus important durant le premier mois de l'accouchement. indiquons également qu'environ 4 femmes pour 1000 accouchements, soit 3000 par an, connaissent des troubles psychiatriques sévères qui nécessitent une hospitalisation. la prise en charge précoce des pathologies maternelles en pré et postnatal immédiat est devenue une priorité de santé publique. des rapports établis à la demande du ministère de la santé et de l'inspection générale de l'action sociale proposent une réflexion approfondie sur le thème de la prévention sanitaire dans le système français, faisant notamment une large place aux questions relatives à la prise en charge de la mère pendant la période périnatale. la place du soutien à la parentalité dans la politique familiale est ainsi, au centre des réflexions conduites sur la prévention à cette période. l'objet de la psychiatrie périnatale ppn, qui constitue un champ récent de la psychiatrie et couvre la période de la grossesse jusqu'à la fin de la première année de l'enfant, vise les soins psychiques de la mère, l'harmonie des relations mère-bébé et les bonnes assises de la construction psychique du bébé. dans l'histoire de la ppn, on observe l'établissement progressif d'un lien conceptuel et pratique entre l'abord des pathologies maternelles autour de la naissance dépression maternelle, psychose puerpérale, dysfonctionnements interactifs précoces avérés… et leur impact perçu sur le développement du bébé. les enjeux de la psychiatrie périnatale sont ainsi de nature curative mais aussi préventive relativement au développement psycho-affectif de l'enfant. elle intervient lors de la présomption de risques pour le bébé. l'épidémiologie des besoins dans ce domaine est centrée principalement sur les relations mère-bébé et concerne le repérage des psychopathologies maternelles, des facteurs de risque et des ressources parentales. ainsi, le contexte familial et environnemental, les relations avec les professionnels, les dysfonctionnements dans la mise en place des interactions mère-bébé, le lien entre les troubles somatiques et psychopathologiques parentaux et/ou infantiles en pré et post-partum sont des indicateurs susceptibles de montrer une souffrance qui peut devenir pathogène. on parle alors de pathologie de la relation, de maladie de l'interaction pouvant engendrer des dysfonctionnements du lien primordial, avec un risque de désorganisation pour la mère et/ou le bébé. ces troubles de la relation précoce nécessitent de fait, des interventions spécifiques. la création de structures de soins innovantes unités d'hospitalisation conjointe parents-enfant, centre de prévention et de soins psychologiques du tout-petit, unités mobiles d'urgence de psychiatrie périnatale.. correspond à une volonté de mettre en place des stratégies de soins efficaces pour prévenir et prendre en charge les troubles maternels précoces. le travail en réseau s'inscrit comme un outil de formalisation du travail de prévention, il contribue à maintenir une continuité entre le pré et le post-partum offrant ainsi aux familles vulnérables un étayage fiable et structurant. dans le domaine de la périnatalité, l'utilité du travail en « réseau » entre les divers champs somatique, psycho-social, psychiatrie périnatale a été largement préconisée dans de récentes circulaires relatives à la promotion de la collaboration médico-psychologique en périnatalité. l'aménagement des parcours de soins et d'accompagnement au bénéfice des futurs parents et du nouveau-né apparaît comme une nécessité. ici, nous observerons la place de ces dispositifs de soins dans le réseau médico-psycho-social et les logiques de constitution des réseaux périnataux.


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