Laurence sterne et la thematique du particulier et de l'universel

par Marion Lopez

Projet de thèse en Études anglophones

Sous la direction de Frédéric Ogée.

Thèses en préparation à Paris 7 depuis le 05-11-2009 .


  • Résumé

    Le « je » commence à s'analyser, se dire, s'écrire, et se peindre au 18ème siècle. cet intérêt nouveau pour l'individu, né dans les milieux artistiques et scientifiques de toute l'europe, met en lumière le particulier et l'unique. john locke en est l'illustration avec son essai sur l'entendement humain. en peinture, greuze en france, et hogarth, en angleterre, se font les relais de cette gourmandise pour le détail. elle s'accompagne d'un intérêt pour la narration. le signifié est central puisqu'il s'agit toujours d'instruire mais une nouvelle place sera donnée au signifiant. l'insistance sur le medium de transmission du message est au cœur de la dialectique entre individu et société, particulier et universel. quand tout signifiant est soumis à l'interprétation de son récepteur, comment peut-on assurer une bonne communication entre les individus et donc une bonne cohésion de la société ? que reste-t-il du contrat social à l'heure ou même la religion ne remplit plus son rôle fédérateur ? tant dans le « monde réel » que dans le « textuel », pour reprendre johanna gavins, le dire est mis à l'épreuve. l'augmentation du nombre d'autobiographies est la preuve que l'individu tente de se dire à l'autre et à la société. mais peut-on « dire » ou « écrire » un individu ? dans le cas des autobiographies fictives, comme tristram shandy, la relation entre le moi et les autres est encore plus complexe. pour tristram, il s'agit de pouvoir se dire et pour sterne, de comment le dire. en guise de réponse aux interrogations de son époque, le pasteur propose une réflexion sur l'individu, un roman de tous les romans qui revisite ses prédécesseurs et annonce ses successeurs. le détail, l'individu unique, héros de la biographie fictive, contient le tout et pourtant le tout n'est pas donné. l'humanité ne se dit pas, elle ne s'écrit pas, elle est juste là. dans sa volonté de repousser les limites de l'écrit, il nous propose la suspension comme solution. le suggéré, l'inachevé, la traduction impossible d'un individu en mots contient la forme complète de l'humanité. ce récit parfois brouillon est à l'image de ce que nous sommes tous, des êtres qui nous débattons pour donner un sens à l'espèce humaine. pourtant en suspension dans la fumée de la pipe de l'oncle toby, il y aussi ce qui fait toute la vision shandéenne et optimiste de la vie : la compassion, synonyme d'humanité. elles sont ce qui relie l'individu à la société, walter à toby, le lecteur à tristram, le particulier à l'universel.


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