La quête du spectre de l'homme.

par Anne-lise Santander Larroque (Larroque)

Thèse de doctorat en Littératures et civilisations comparées

Sous la direction de Philippe Daros.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (....-2015 ; Paris) depuis le 01-11-2004 .


  • Résumé

    Alors que disparaissent les témoins des événements qui ont marqué le XXe siècle, les récits de mémoire contemporains prétendent pallier la menace d’oubli de la violence passée. Ils ne veulent cependant pas se substituer aux récits des disparus, ni simplement transmettre la mémoire des atrocités commises durant les guerres et au sein des camps de concentration : la transmission de la transmissibilité de l’expérience passée demeure leur véritable enjeu. Ces témoignages littéraires, écrits à distance des événements, par des survivants (M.Rigoni Stern, J.Semprun, I.Kertész) ou par des témoins de seconde génération (A.Tabucchi), imposent au genre du témoignage de se retourner sur sa forme et ses ambitions. Le rejet de la violence, jugée inhumaine, se révélant inséparable du devoir de mémoire, ils interrogent les modalités de prise en charge de l’héritage laissé par ce passé récent, et affrontent l’impossible reniement de la violence en l’homme. En dévoilant les limites imposées à la représentation du passé, les témoignages contemporains réévaluent et interrogent le mystère de la distinction posée entre humanité et inhumanité. Le travail de mémoire se révèle ainsi indissociable de la quête d’une donnée permanente sur laquelle la notion d’homme puisse se fonder. Le choix de la fiction pour témoigner, donne une chance d’atteindre une définition de la spécificité humaine par la représentation d’une expérience passée. Facteur d’appropriation de l’héritage, elle autorise la prise en charge de la nature contradictoire de l’homme. Double de l’éthique, elle manifeste le désir humain de donner forme à son existence : l’homme demeurant inlassablement en quête de lui-même.

  • Titre traduit

    Looking for human spectrum


  • Résumé

    While the witnesses of the events which have shaped the twentieth century have been disappearing, the contemporary memory’s relations pretend speaking against past violence’s forgetfulness. Although, they aim neither at replacing the missing ones’ relations, nor simply at handing down atrocities’ memory committed during the wars and in concentration camps: the transmission of past experience’s transmissibility is the real stake. These literary statements, written a long time after the happenings, by survivors (M.Rigoni Stern, J.Semprun, I.Kertész) or by second generation’s witnesses (A.Tabucchi), compel statement’s style to rethink its form and its ambitions. The rejection of violence, judged inhuman, appearing tightly bounded to the obligation of remembrance, they question the ownership modalities of this recent past legacy, and confront the impossible denial of violence in human. Also, by revealing the frame imposed to the representation of past, the contemporary testimonials reappraise and question the mystery of the edge between humanity and inhumanity. Memory work therefore proves to be inseparable from the quest for an everlasting base to found the notion of human. Choosing fiction to testimony grants a chance to reach a definition of humanity’s specificity through representation of a past experience. Enabling self-appropriation of the legacy, it allows consideration of the contradictory nature of man. As ethics, it expresses the will in human to shape his being: man remaining relentlessly chasing for himself.