Le changement de politique religieuse algérienne à l'égard des confréries religieuses musulmanes : de la persécution à la réhabilitation, le cas particulier de la confrérie 'Alawiyya (1909-2009)

par Foad Khatir

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Guy Pervillé.

Thèses en préparation à Toulouse 2 , dans le cadre de École doctorale Temps, Espaces, Sociétés, Cultures (Toulouse) depuis le 01-10-2010 .


  • Résumé

    Cette étude tente de démontrer la place des zâwiyas et plus particulièrement celle de la ‘Alawiyya dans l’Algérie contemporaine et leur rôle pendant la montée du nationalisme et la lutte de libération. Parler de la persécution et de la réhabilitation de la confrérie ‘Alawiyya (et d’autres) en Algérie durant la période contemporaine, nous amène à traiter des rapports de celle-ci avec : (1) L’administration coloniale : la confrérie était étroitement surveillée par les services de la police des renseignements généraux. La stratégie de la confrérie consistait à rester neutre autant que possible mais elle n’hésitait pas à défendre la préservation de l’identité arabo-musulmane. (2) Le mouvement du réformisme : avec la parution en 1926 de la revue ach-Chihab et l’Association des Oulémas Musulmans Algériens (AOMA) fondée le 5 mai 1931 avec à sa tête le Président Ibn Badis qui contribua à la montée du sentiment nationaliste algérien. (3) Les milieux nationalistes algériens : avec lesquels la confrérie ‘Alawiyya entretenait des relations étroites notamment sous la période du Parti du Peuple Algérien (PPA). Les événements du 8 mai 1945 à Sétif précipitèrent la préparation de la Révolution algérienne pendant laquelle le cheikh Mehdi Bentounes joua un rôle actif. (4) Les gouvernements algériens successifs : La confrérie ‘Alawiyya entendait lutter contre la nationalisation des biens habous. Le gouvernement Boumediene mena une vaste campagne de persécution contre le cheikh Mehdi Bentounes et procéda à son arrestation en 1970. La confrérie agissait dorénavant sur le terrain Européen avec le cheikh Khaled Bentounes qui procéda à la création de nombreux projets culturels et de jeunesse et à la reconnaissance de nombreux projets par les instances officielles nationales et internationales. Les persécutions finirent progressivement par marginaliser un courant religieux- soufisme qui était présent en Algérie depuis le début du millénaire. Il eut fallu l’avènement de la montée du fondamentalisme religieux qui aboutit à la guerre civile dite « les années noires » pour que le Gouvernement algérien procède à la réhabilitation des confréries religieuses en Algérie.

  • Titre traduit

    The change in Algerian policies toward Muslim religious brotherhoods : from persecution to rehabilitation, the case of the 'Alawiyya Brotherhood from 1909 to 2009


  • Résumé

    This study will attempt to demonstrate the status of zawiyyas, and in particular that of the 'Alawiyya in contemporary Algeria, and their role during the rise of nationalism and the liberation struggle. In our discussion of the persecution and rehabilitation of the 'Alawiyya Brotherhood (and others) in Algeria during the contemporary period we will deal with the links between the 'Alawiyya and: (1) The colonial administration: the Brotherhood was closely watched by the police and intelligence agencies. The strategy of the Brotherhood was to remain neutral insofar as possible, but it did not hesitate to defend the preservation of Arab-Muslim identity. (2) The reform movement, with the appearance in 1926 of the journal ach-Chihab and the Association of Muslim Algerian Ulemas (AOMA) founded the 5th of May 1931 with at its head President Ibn Badis, who contributed to the rise of Algerian nationalist sentiment. (3) Algerian nationalist groups, with which the 'Alawiyya Brotherhood maintained close relations, notably during the period of the Party of the Algerian People (PPA) founded in 1937 by Messali Hadj. The events of 8 May 1945 in Sétif triggered the preparation of the Algerian Revolution during which the Sheikh Mehdi Bentounes played an important role. (4) Successive Algerian governments: the 'Alawiyya Brotherhood decided to come out against the nationalization of « habous » holdings. The Boumedienne government carried out a vast campaign of persecution against Sheikh Mehdi Bentounes and had him arrested in 1970. From that time the Brotherhood became active in Europe with Sheikh Khaled Bentounes, who fostered the creation of numerous cultural and youth-oriented projects which enjoyed official recognition. These waves of persecution little by little marginalized a religious current -Sufism (tasawuf)- which had been present in Algeria from the beginning of the millennium, and which was part of an essential immaterial cultural heritage in Algeria. It took the arrival and the development of religious fundamentalism, resulting in the civil war known as the « Dark Years », for the Algerian government to promote the rehabilitation of the religious Brotherhoods in Algeria.