Le roman et le mouvant : essai sur l'oeuvre romanesque d'Edouard Glissant et Jean-Marie Gustave Le Clézio

par Jean Koumba

Thèse de doctorat en Littératures générale et comparée

Sous la direction de Jean Bessière.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (Paris) , en partenariat avec Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (établissement de préparation) et de Centre d'études et de recherches comparatistes (Paris) (laboratoire) depuis le 15-11-2010 .


  • Résumé

    Le roman contemporain apparait comme le lieu d’un double questionnement : le premier est lié à sa forme, tandis que le second renvoie à une longue interrogation sur un monde marqué par de grands bouleversements d’ordre anthropologique, politique, culturel ou sociologique. Chez Glissant et Le Clézio, ce questionnement prend l’allure d’une problématisation du monde et imprègne, d’un bout à l’autre, leur production romanesque. Ainsi, la présente thèse analyse les mécanismes et les enjeux de l’art romanesque à l’épreuve du mouvant. Elle évoque l’idée d’une déconstruction de la forme et la structure romanesques pour arriver à une nouvelle pensée du roman qui permet, en même temps, de penser la complexité du monde. Cette complexité se donne à lire dans le roman à travers l’idée de contrepoint qui permet le mélange de voix narratives, des personnages, des formes, des genres, ou encore des mondes. Parler d’une poétique du mouvant revient, dès lors, à penser la multidimensionnalité de l’être ainsi que les liens qui se tissent entre des individus présentés comme des producteurs et des produits des cultures. La pensée du mouvant prend ainsi une orientation politique du monde. Elle exalte, non pas la dénaturation de le l’individu, la perte de son identité ou encore sa dilution, mais sa propension à penser l’autre dans sa différence, comme un élément d’un tout complexe, avec finalement l’idée de « différence dans l’unité » et d’ « unité dans la différence » qui permet d’aller au-delà de la simple juxtaposition des cultures. Le mouvant devient, dès lors, l’autre nom du métissage, de la complexité et de l’interculturalité.

  • Titre traduit

    The novel and the "mouvant" : essay on the novelistic work of Edouard Glissant and Jean-Marie Gustave Le Clézio


  • Résumé

    The usual contemporary novel appears as the place of a double questioning: the first is linked to its form, and the second drives to a long interrogation on a world marked by great anthropological, political, cultural and social upheavals. For Glissant and Le Clézio this interrogation takes the form of an everlasting questioning on the concept of the world and this can be seen along all theirs novels. Thereby, the present thesis investigates the mechanisms and the stakes of the art of the novel compared to the concept of "mouvant". This work treats about the deconstruction of the usual form and the structure of the novel driving to a new approach of the novel allowing, at the same time, to glimpse the complexity of the world. This complexity can be seen in the novel through the mechanisms of the counterpoint which allows the mixing of narrative voices, forms, characters, genres or even worlds. To speak about a poetics of " mouvant" it is necessary to consider the multidimensional aspect of the concept of the living being, as well as the links between individuals presented both as producers of cultures and as themselves a product of cultures. Thus, the concept of "mouvant" takes a political orientation of the world. This concept exalts, neither the denaturation of the individual nor the loss or the dilution of his identity, but the propensity to see the other one in his difference, as a part of a complex whole, and ultimately the idea of “Difference in unity” and “Unity in difference”, which allows us to go beyond the simple juxtaposition of cultures. Therefore, the concept of "mouvant" becomes the other name of the mixing, the complexity of the world and the interculturalism.