Apollinaire et Paris : de la ville vécue à la ville phantasmée

par Sélima Kamoun

Thèse de doctorat en Littératures française et francophone

Sous la direction de Daniel Delbreil.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (Paris) , en partenariat avec Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (établissement de préparation) et de Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité (Paris) (laboratoire) depuis le 08-11-2010 .


  • Résumé

    La rencontre de Guillaume Apollinaire avec Paris a été déterminante dans la vie du poète, tant sur le plan intellectuel qu'existentiel. Dans son œuvre où elle occupe une place de choix, la capitale française ne représente pas seulement un lieu de vie mais une source d'inspiration et d'écriture extrêmement féconde. Bien qu’héritée de toute une tradition littéraire de la ville qui s’est développée au XIXe siècle, la poésie apollinarienne de Paris est conçue sur le mode de l’« esprit nouveau » qui accompagne la naissance d’une ère placée sous le signe de la découverte et du progrès, et s’intègre aux recherches esthétiques des avant-gardes artistiques et littéraires caractérisées par l’audace et le goût de l’aventure. Entre tradition et invention, le Paris d’Apollinaire n’est pas seulement celui du « Pont Mirabeau » et de « Lettre-Océan » qui, d’Alcools à Calligrammes, témoigne d’une volonté de s’affranchir de certains « modèles » et de créer une poésie libre de toutes contraintes qui dit le « réel » en empruntant les voies de l’imaginaire, c’est aussi la capitale fascinée de l’infatigable « flâneur des deux rives », ou insolite et secrète du guide passionné ; c’est encore la ville subjective et mentale du « guetteur mélancolique » confronté à son passé douloureux, ou aux prises avec le monde moderne ; c’est, enfin, la ville rêvée et phantasmée de « l’enchanteur » des ponts et des noms de Paris.

  • Titre traduit

    Apollinaire and Paris : from the lived city to the phantasmatized city


  • Résumé

    Guillaume Apollinaire's encounter with Paris was a decisive event in the poet's life, both intellectually and existentially. In his artwork where Paris occupies a place of choice, the French capital does not only represent a place of life but a source of inspiration and extremely fertile writing. Although inherited from an entire literary tradition of the city that developed in the nineteenth century, Parisian apollinarian poetry is conceived on the mode of the "new spirit" that accompanies the birth of an era under the sign discovery and progress, and integrates with the aesthetic research of artistic and literary avant-gardes characterized by daring and the taste of adventure. Between tradition and invention, the Paris of Apollinaire is not only that of the "Mirabeau Bridge" and "Letter-Ocean" which, from Alcools to Calligrammes, demonstrates a desire to get rid of certain "models" and to create a poetry free of all constraints that says the "real" by borrowing the ways of the imaginary. Paris is moreover the fascinating capital of the tireless "stroller of both banks", or of the unusual, surreptitious and passionate guide; It is also the biased and cerebral city of the "melancholy watchman" confronted with his painful past, or grappling with the modern world. Paris is, finally, the dreamed and phantasmatized city of the "charmer" of the bridges and of the names of Paris.