La transition musicale en roumanie de la fin du regime communiste a nos jours, fixation et regression d'un modele nationaliste a l'aune de la mondialisation.

par Aymeric Jeudy

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Didier Francfort.

Thèses en préparation à l'Université de Lorraine depuis le 16-11-2010 .


  • Résumé

    La chute du régime communiste a entrainé une perte de repères (économiques, politiques, sociaux…) difficilement remplacés par d'autres. parallèlement à cela, la chute du mur de berlin a coïncidé avec une accélération des processus de globalisation culturelle. c'est dans cette situation que s'est mis en place le profond tiraillement entre la globalisation et le retour au nationalisme, tiraillement palpable dans la société roumaine contemporaine. la vie musicale de l'europe centrale et orientale post-communiste a ainsi été affectée par des processus contradictoires d'identifications complexes : un « effet de rattrapage » ouvrant au marché du disque international des pays jusqu'alors isolés, un « effet de re-nationalisation » remettant en valeur des figures nationales de compositeurs ou d'interprètes marginalisés pour leur opposition aux régimes déchus, une redéfinition des frontières entre musique savante, musique populaire, musique commerciale. l'histoire culturelle peut apporter un nouveau regard sur ces phénomènes, l'histoire culturelle, dans la définition que pascal ory en fait, définition reprise par l'association pour le développement de l'histoire culturelle, consiste en une histoire sociale des représentations. une composante de l'histoire qui se propose d'étudier les pratiques, les sensibilités, l'affect, et permet grâce à des objets culturels et dans une approche pluridisciplinaire, d'apporter un éclairage nouveau, une approche quasiment inexistante en roumanie et encore moins en république de moldavie. a titre d'exemple sophie-anne leterrier, en france s'est intéressée à ces approches dans son ouvrage, le mélomane et l'historien. la musique sera étudiée ici en tant que processus, de cheminement ; de la création à la diffusion. ce qui importe c'est le rapport de la musique aux populations, à la trivialité, à la contemporanéité dans le contexte global. dans les exemples cités dans le projet de thèse comme l'apparition depuis quelques années « d'ethno tv » on peut étudier les phénomènes de régression, de continuité des stigmates communistes. la chanson et le folklore, au cœur de l'entreprise propagandiste de ceaucescu étaient incarnés par les chorales communistes, les festivals comme « festivalul național cântarea româniei ». voir surgir aujourd'hui des chaines de télévisions consacrées à une musique qu'on qualifie d'ethnique, d'authentique pose question, ce folklore réinventé brandit comme l'apanage de la « romanité » est présent partout et en continu dans une société roumaine confrontée à d'autres forme d'hégémonie, la world music, l'industrie américaine du disque etc… nous chercherons donc à étudier la situation de cet espace par l'histoire culturelle en interrogeant plusieurs disciplines, les notions de transferts culturels dans un contexte de globalisation. en confrontant l'histoire culturelle avec les autres formes d'histoire on fait naitre une nouvelle façon de comprendre la voie d'une nation, sa construction identitaire. l'intérêt de l'histoire culturelle est de s'intéresser aussi bien aux techniques qu'à la perception que font les populations de la musique. internet par exemple a révolutionné à la fois l'accès à la musique pour le citoyen lambda mais offre aussi une source considérable pour le chercheur qui pourra dans le cas de la république de moldavie par exemple étudier les phénomènes de dissidence. tout est source en histoire culturelle et le corpus s'intéressera aussi bien aux archives de radio free europe qu'à la programmation d'un philarmonique de province. mon corpus est à la fois sonore, visuel et écrit. ce travail de recherche s'inscrit dans un travail d'équipe commencé au cercle autour de la problématique de la redéfinition des « canons culturels » de l'europe post-communiste, des retours d'exil, des transferts culturels.


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