L'histoire de la politique extérieure post-indépendance du maroc : le jeu complexe des facteurs exogènes.

par Rime Jirari

Projet de thèse en Science politique

Sous la direction de Danielle Cabanis.

Thèses en préparation à Toulouse 1 depuis le 20-01-2010 .


  • Résumé

    Depuis son indépendance en 1956, le maroc n'a cessé d'appeler à une relation privilégiée avec le maghreb, l'europe et l'afrique. feu hassan ii partait de l'idée que le royaume ressemble à un arbre dont les racines nourricières plongent profondément dans la terre d'afrique et qui respire grâce à son feuillage bruissant aux vents d'europe. dès le départ, le maroc a plaidé pour l'intégration régionale, en développant tous les instruments nécessaires dans tous les domaines : coopération, relations culturelles, partenariat économique, échanges humains. mais la mise en œuvre de cette volonté politique fut semée d'embûche et le maroc se trouva rapidement entouré par des variables '' immobilisantes '' dont une grande partie se trouva posée dans les rouages de l'onu. d'abord, il y a la question de l'espagne de franco qui évitait les contacts épistolaires avec le maroc et refusa la restitution de ceuta et de melilla et une grande partie au sud du maroc car pour madrid, la décolonisation était un sujet impossible à discuter et encore moins à régler. ensuite, il y a la question du sahara dont l'algérie de boumediene a cru bon de s'emparer pour en faire une machine de guerre contre le maroc. l'algérie fournissait aux sahraouis tout le matériel nécessaire en finissant par créer en 1976 ce qu'elle a appelé la république arabe sahraouie démocratique. les algériens étaient les premiers à reconnaitre en 1982 la rs et à voter en faveur de son admission à l'organisation de l'unité africaine et à en évincer le maroc. troisièmement, il y a la question du maghreb désuni piégée par la question du sahara. comme la question israélo-palestinienne, la question du sahara demeurera un facteur de non-aboutissement d'un certain nombre de projets à portée régionale comme le processus de barcelone ou l'union pour la méditerranée. face à ce tableau, l'histoire de la politique extérieure post-indépendance du maroc était basée sur le réalisme, la prudence, la lucidité, le pragmatisme et la référence in fine aux instruments de droit international dont le recours à l'onu. la présence du maroc dans le monde fut définie et encadrée par une identité diplomatique ancrée par son positionnement géographique unique, son référentiel identitaire multiple et diversifié, son histoire et ses choix stratégiques de la première heure du multilatéralisme, de l'ouverture économique et de l'ancrage au monde occidental. a titre d'exemple, le maroc n'a jamais voulu de guerre de sables avec l'algérie malgré l'attitude de l'armée et des principaux partis politiques. hassan ii estimait que s'opposer par les armes à un pays frère et voisin qui venait de triompher d'une guerre coloniale n'avait pas de sens. c'est sans réfléchir aux conséquences que ben bella l'obligera à s'engager dans ce choix malheureux. autre exemple : la marche verte. c'est le maroc qui avait demandé à la cour internationale de la haye, organe de l'onu, son avis sur un problème colonial. mais l'attitude négative de l'espagne obligea le roi à répondre favorablement à la demande populaire. troisième exemple : contrairement à certain dirigeants arabes, surtout les militaires d'entre eux dont nasser, qui appelaient à la destruction de l'etat hébreu, hassan ii était toujours à la recherche d'un règlement pacifique à la question palestinienne dont le recours aux canons de l'onu. quatrième exemple : qu'il s'agisse de maintenir la paix et la sécurité en afrique, dans le monde ou consolider les équilibres planétaires, le maroc a toujours prôné le règlement pacifique des conflits, leur prévention, le droit international, la coopération multilatérale et la suprématie de l'onu. pour plusieurs questions comme la pauvreté, la lutte contre le terrorisme, les migrations, le désarmement, l'environnement, le maroc a toujours milité pour que l'onu demeure une instance universelle dans laquelle la concertation et la coopération multilatérale entre les différents acteurs internationaux y trouvent leur place, dans un monde globalisé, interdépendant, un monde d'insécurité et de menaces continues. aux manques de travaux académiques sur l'histoire de la politique étrangère du maroc, et au rebours de clichés publiés par certains articles occidentaux notamment espagnoles, cette thèse de doctorat essaiera de dénouer les fils enchevêtrés de l'histoire de la politique étrangère du maroc depuis son indépendance jusqu'à aujourd'hui. notre thèse étant fondée sur une analyse de la politique étrangère, sur l'extériorisation, sur les processus des structurations et de l'objectivation autant que sur la force influente des acteurs et des institutions, on y trouve l'empreinte conceptuelle du néo-institutionnalisme historique qui sera notre cadre théorique éclairé. on s'attachera à forger des clés de compréhension des événements et des comportements des acteurs qui ont influé et qui influent toujours sur la politique étrangère du royaume en analysant somme toute le jeu complexe des facteurs endogènes et exogène dans l'évolution de la politique étrangère du royaume. l'évolution de l'action diplomatique du maroc deviendra alors intelligible et un ensemble de paramètres régionaux seront compris, à l'aube du 21ème siècle, dans un monde en pleine crise économique, sociale et politique, qui n'est plus défini par des clivages idéologiques mais par une course effrénée aux intérêts : politiques, militaires, commerciaux, énergétiques.


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