Valeur politique du mos maiorum au Ier siècle avant J.-C.

par Anna Iacoboni

Projet de thèse en Études latines et néo-latines

Sous la direction de Carlos Lévy.

Thèses en préparation à Paris 4 , dans le cadre de Mondes antiques et médiévaux depuis le 22-11-2010 .


  • Résumé

    Du point de vue juridique, nous pouvons définir le mos comme une norme juridique préexistante; son origine orale ne nie pas les effets juridiques du mos lui-même. Nous analyserons la définition cicéronienne de mos comme consensus omnium, en éclaircissant la nature fictive. A travers l'œuvre de cicéron, du de officiis au de republica, nous analyserons la notion de légitimation morale des patres, en vertu de laquelle les patres deviennent les interprètes véritables de la volonté de la plèbe. Nous étudierons l'évolution de la conception des maiores du de republica au de legibus; l'antique n'est pas considéré optimum en soi. Nous analyserons le projet politique cicéronien, qui repose sur une base morale, du de legibus au de republica, et la notion cicéronienne de concordia ordinum par rapport à celle de consensus omnium en 63. Nous prouverons ainsi que les notions de consensus omnium et de medii ordines, qui dépassent celle de boni homines, ne sont pas des catégories qui vont au-delà de la distinction en classes, car l'horizon constant de Cicéron est la classe optimate. Nous analyserons l'évolution de la figure du princeps du de oratore au de republica. Nous effectuerons un parallélisme significatif avec la politique sallustienne, ayant elle aussi une basse morale, et son développement des epistulae ad caesarem aux historiae. Nous prouverons comment la notion de nobilitas n'a pas une acception éthique, mais politique. Nous soulignerons la polarisation entre caractère unitaire du patriciat, dénoté par le terme factio, et la manque d'unité de la plèbe, clé de sa faiblesse politique. Nous analyserons aussi la valeur transversale de la notion de libertas, dont parlent les représentants des deux factions opposées. Nous placerons en parallèle les notions de nobilitas et de dignitas, fondements de la suprématie politique optimate, en opposition à la conception concernant le caractère héréditaire de la libertas, sur une base éthique, à laquelle font appel les représentants de la plèbe. L'appel à la libertas doit être entendu comme exigence d'une conscience politique majeure de la part de la plèbe, en opposition à l'otium, qui coïncide donc avec la liberté de choisir un auctor duquel l'on accepte l'auctoritas.


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