Science du signe et signification linguistique au tournant du 20e siècle. sur la possibilité de la sémiologie pour une théorie générale du langage. husserl – peirce – saussure

par Manuel gustavo Isaac

Projet de thèse en Sciences du langage

Sous la direction de Sylvain Auroux.

Thèses en préparation à Paris 7 depuis le 13-04-2010 .


  • Résumé

    Au croisement du signe en langage s'articulent sens et référence. elément d'une structure ou processus, le théoriser impose de corréler deux ordres de réflexivité, cognitif et pratique. sur ce point, le projet sémiotique moderne échoue. les pôles interconnectés du signe – langage, pensée, réalité – n'y sont pas conceptualisés en un opérateur unitaire. la facticité linguistique échappe. le formalisme sémantico-logique achoppe. et l'éclatement de l'articulation ternaire se répercute par la séparation des disciplines connexes à son intersection (linguistique, logique, ontologie). pourtant au tournant du 20ème siècle se démarque sur cet horizon de rétrospection tracé par échecs la conjonction de trois projets fondationnels. signe et signification linguistique en sont les objets. l'enjeu ? etablir les lois formelles de la rationalité logique du langage. au niveau épistémologique, une double homogénéité organise donc notre corpus. sa conjoncture est celle d'une redéfinition historique du concept de signe. comme la hiérarchie des pôles sémiotiques diffère en fonction de son cadre (phénoménologie, pragmatique, linguistique générale), les structurations du signe varient. mais toutes sont motivées par un objectif identique : en fonder la science. les programmes théoriques obéissent à un régime similaire. leur mode d'application est réductionniste et formel. principe unificateur articulé en axiomes, le signe linguistique y opère comme modèle du sens. et de son insertion en un système combinatoire virtuel – la langue, comme idéal d'une grammaire pure logique – doit pouvoir être dérivée la signification en acte. cette base est commune aux trois doctrines. toutes reproduisent un modèle binaire du signe. le rapport des opérations de cognition à la réalité y est digitalisé, avec pour corrélat logique un paradigme intensionnel. le problème de la référenciation y est donc sinon éludé (saussure, husserl), du moins subordonné à une herméneutique de la sémiose (peirce). réductible à l'arbitraire du signe, ce complexe épistémico-logique (digital-intension) implique l'indérivabilité calculatoire de l'externalité référentielle. la dualité intension/extension se rompt. et parce que la signification linguistique impose leur relation, le projet est sanctionné d'un nouvel échec. de fait, la sémiologie n'est pas une science. dans un tel cadre épistémologique, l'aporie du signe binaire n'est corrélée qu'à l'insaturation de son modèle. en évaluer les conséquences se fera donc non seulement par l'archéologie de ses articulations théoriques internes, mais encore en les historicisant par contraste avec les lacunes identifiées. contemporain direct du projet logiciste, le contexte est net et délimité. mais parce que l'extensionalité formelle elle-même a ses limites, que leur marque est celle de la sous-détermination sémiotique (quine, 1960), la confrontation des paradigmes est surdéterminée. irréductible et récurrent, l'arbitraire en est la pierre de touche. comment dès lors en formuler la thèse ? si le langage opère la corrélation duale entre pensée et réalité, aucune modélisation du signe ne sera valide ni même acceptable sans y intégrer au centre l'externalité pragmatique contextuelle. théorie de la parole (saussure), intentionnalité (husserl) et interprétance (peirce) en configurent les perspectives. c'est donc en confrontant le projet sémiologique aux interactions sémantico-syntaxiques de la logique formelle (théorie des modèles) que se tracera l'horizon prospectif d'une juste évaluation de son apport pour une théorie générale de la signification linguistique.


  • Pas de résumé disponible.