Influence de l'anxiété sur la mémoire de travail et la mémoire épisodique de patients victimes d'un accident vasculaire cérébral sans déficits cognitifs sévères

par Antoine Grosdemange

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Anne marie Toniolo et de Vincent Monfort.

Thèses en préparation à l'Université de Lorraine , dans le cadre de Ecole doctorale Stanislas , en partenariat avec Service de Neurologie, CHU de Nancy - Hôpital Central (Unité Inserm) depuis le 09-09-2010 .


  • Résumé

    L’objectif de ce travail est de voir en quoi l’influence de l’anxiété sur la mémoire de travail et la mémoire épisodique verbales et visuelles de patients en phase aiguë d’un AVC en comparaison de sujets sains appariés peut dépendre des types d’anxiété (anxiété d’appréhension et anxiété d’éveil) et de la latéralisation hémisphérique des lésions. Il s’agit également de déterminer l’impact de l’anxiété sur les composantes exécutives de la mémoire de travail (mise à jour, inhibition et flexibilité) en phases aiguë et chronique de l’AVC. Ces questions n’ont jamais été considérées jusqu’alors et paraissent essentielles dans un contexte où l’anxiété et les déficits de mémoire de travail et de mémoire épisodique sont fréquents à la suite d’un AVC. Une procédure d’induction d’un état d’anxiété caractérisée par l’alternance de tâches de Stroop interférent (avec pression temporelle et feedbacks d’erreur) et 1-back sous enregistrement vidéo et un protocole d’évaluation de processus cognitifs ciblés comme étant sensibles aux états anxieux (mise à jour, inhibition, flexibilité, mémoire épisodique verbale et visuelle) ont été réalisés. Nous avons mis en évidence que l’anxiété contaminait les performances de mémoire de travail verbale et visuospatiale et de mémoire épisodique verbale des patients en phase aiguë d’un AVC, en particulier des patients avec lésions hémisphériques gauches en comparaison des patients avec lésions droites et des témoins. Nous avons montré également que l’anxiété contribuait à la dégradation des performances de mise à jour, d’inhibition et de flexibilité en phase aiguë et de mise à jour en phase chronique tandis qu’aucun effet n’a été constaté chez les témoins.

  • Titre traduit

    Influence of anxiety on working memory and episodic memory in stroke patients without severe cognitive deficits


  • Résumé

    The aim of this work is to see how the influence of anxiety on verbal and visual working memory and episodic memory of patients with acute stroke compared to matched healthy subjects may depend on the anxiety types (worry and anxious arousal) and the hemispheric lateralisation of the lesions. It is also meant to determine the impact of anxiety on the executive components of the working memory (updating, inhibition and shifting) in the acute and chronic phases of stroke. These issues have not been previously considered and seem essential in a context where anxiety and working memory and episodic memory deficits are common after a stroke. An induction procedure of a state of anxiety characterized by alternating Stroop with interference (with time pressure and error feedback) and 1-back tasks with video recording and an evaluation of cognitive processes which are sensitive to anxious states (updating, inhibition, shifting, verbal and visual episodic memory) have been made. We have shown that anxiety was contaminating the verbal and visuospatial working memory and the verbal episodic memory performance in the patients with acute stroke, particularly in the patients with left hemispheric lesions compared with patients with right hemispheric lesions and control subjects. We also showed that anxiety contributed to the poorer performance of updating, inhibition and shifting in acute phase of stroke and of updating in chronic phase while no effect was observed in control subjects.