Le sanglier - Chasses, maîtrise des populations et politiques publiques - Approche comparative depuis les confins du Périgord-Noir, du Quercy et du Haut-Agenais

par Alain Gigounoux

Projet de thèse en Anthropologie sociale et historique

Sous la direction de Jean-Pierre Albert.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale Temps, Espaces, Sociétés, Cultures (Toulouse) depuis le 02-12-2010 .


  • Résumé

    Durant la seconde moitié du xxe siècle, la chasse a changé. D'une libre cueillette aléatoire du gibier, elle a été peu à peu dirigée vers des concepts de récolte modérément intrusive et vers la gestion de la faune sauvage. Caractérisant la chasse française, particulièrement lorsqu'elle est pratiquée traditionnellement, aux chiens courants, le jeu-duel avec le gibier a persisté, parfois avec difficulté. Longtemps peu abondant, le sanglier, comme tout le grand gibier de plaine, a observé une forte croissance démographique au cours des trente dernières années. Il engendre désormais de plus en plus de nuisances aux activités humaines. Alors que seuls les chasseurs régulent les sangliers, tout en assurant le financement de l'Administration de la chasse et l'indemnisation des dégâts à l'agriculture, leurs effectifs connaissent un déclin prononcé et continu. Les pouvoirs publics sont confrontés à un impératif de maîtrise des populations de sangliers. Afin d'optimiser l'efficacité des actions de chasse, les doctrines longuement enseignées et imposées au chasseur sont progressivement remises en cause au profit du rétablissement de techniques si longtemps bannies. Mus par une passion extraordinaire, les chasseurs, grâce à leur loisir, contribuent à l'intérêt public. Néanmoins, ils acceptent avec difficulté les objectifs qui leur sont fixés mais aussi et au-delà, la seconde révolution conceptuelle qui leur est imposée. Cultures cynégétiques, représentations symboliques, rapport au gibier, au sauvage et à la nature sous-tendent comme ils président à l'acte de chasse. Au risque d'hypothéquer les chances de réussite des nouvelles politiques publiques, il apparaît que ces dimensions fondatrices et essentielles doivent être prises en compte dans la promotion des mesures comme dans l'action normative conduites par cette Administration tripartite "sui generis" qui caractérise la chasse française, impliquant l'État, un établissement public dédié et les fédérations des chasseurs.

  • Titre traduit

    Wild boar - Hunting, population control and public policies - Comparative approach from the neighboring Périgord-Noir, Quercy and Haut-Agenais regions


  • Résumé

    In the second half of the 20th century, hunting has changed. From a free random sampling of game, it has been orientated towards concepts of mildly intrusive wildlife harvest and management. Characterizing French hunting, in particular when practiced traditionally, with hounds, is that the dueling-play with the wild game has persisted, though with some difficulty. Having been scarce for a long period, wild boar, just as other lowland ungulates, experienced a strong demographic increase over the last three decades. The species nowadays causes harm to human activities which can be rather serious. And while only the hunters regulate wild boar population, contributing at the same time to the financing of the Hunting Administration and of the compensation of agricultural damages, their own numbers are in a clear and ongoing decline. Public authorities are confronted with the necessity to control wild boar populations. In order to optimize the efficacy of hunting activities, the rules submitted and imposed to the hunter are progressively put into question to the benefit of the return of techniques which had been barred much earlier. Moved by an extraordinary passion, hunters, through the practice of their leisure activity, make a contribution to the public interest. However, they do not eagerly accept the objectives which are set for them, nor the second conceptual revolution which is imposed on them. Representations, symbolism, the relationship with game, wildlife and nature are equally underlying in the hunters’ culture and way of thinking, and at the same time they do guide his actions and choices. With the risk to jeopardize the chances of success of the new public policies, it appears that these founding and essential dimensions of the hunting act need to be taken into consideration when promoting measures such as in the normative actions undertaken by the three-party Administration “sui generis” characterizing hunting in France, involving the State, a specific public establishment and the hunters’ federations.