La situation de placement en collectivité à l'adolescence : étude des modalités de constitution de l'espace psychique

par Emilie Garcia ballester

Projet de thèse en Psychologie

Sous la direction de Michelle Cadoret.

Thèses en préparation à Paris 7 depuis le 22-04-2010 .


  • Résumé

    Tout au long de son œuvre, freud s'est intéressé aux rapports qu'entretient l'individu avec le monde extérieur. il a démontré l'existence d'une réalité psychique, distincte de la réalité matérielle, pouvant même s'imposer comme plus réelle que cette dernière, et dont diverses productions psychiques (rêves, fantasmes, symptômes…) viennent rendre compte. la notion d'espace psychique désigne l'aire où existe la réalité psychique et où se déploient les processus psychiques. c'est au terme du travail d'adolescence, véritable processus de « subjectivation » (r. cahn, f. richard), que s'achèvent la constitution de l'espace psychique et la formation des différentes instances de l'appareil psychique. le fonctionnement psychique propre à cette période du développement se traduit dans les comportements adolescents par l'instauration de nouveaux rapports à l'espace et aux lieux, dont le terme même de « passage », utilisé par j.-j. rassial pour désigner les processus adolescents, vient rendre compte. comment le sujet adolescent, dans son processus d'autonomisation, va-t-il s'éloigner du cercle familial, et s'inscrire dans de nouveaux espaces, de nouveaux lieux ? dans le développement normal de l'adolescent, cela se traduit par des mouvements d'allers et retours entre le chez-soi familial et l'espace social. ces déplacements sont bien entendu à mettre en lien avec les mouvements psychiques identificatoires, le remaniement des imagos parentales et l'élaboration du complexe d'œdipe. ce qui se joue pour le sujet adolescent dans les différents lieux dans lesquels il évolue, va au-delà de l'établissement de relations objectales. en effet, philippe jeammet introduit la notion d'espace psychique élargi pour désigner la nécessité pour l'adolescent de projeter sur les figures familiales ses propres fonctions et instances psychiques. jean-bernard chapelier souligne quant à lui l'importance de la constitution de groupes d'appartenance, qui permettent à l'adolescent d'externaliser ses liens internes, de déplacer ses conflits familiaux, de remanier ses identifications et ses idéaux, d'externaliser sur les pairs différentes parties de lui-même, et qui constituent ainsi un étayage du processus adolescent. l'adolescent est donc particulièrement sensible et vulnérable à son environnement. a partir de la clinique et à la lumière des théories psychanalytiques, nous souhaitons nous interroger sur la manière dont se déroulent ces processus pour des adolescents placés en collectivité par les services de l'aide sociale à l'enfance. le placement est une mesure administrative ou judiciaire prise pour pallier à un environnement parental défaillant et/ou maltraitant ; ses caractéristiques sont l'éloignement du milieu familial, qui est remplacé par un milieu institutionnel, et la substitution des parents à des professionnels de l'éducation. quel est alors l'impact de cette situation de placement sur la réalité psychique de l'adolescent ? quelles en sont les conséquences quant aux modalités de constitution de son espace psychique ? et tout simplement, comment vit-il son adolescence au sein de l'institution ? notre hypothèse est que cette situation particulière, constituée par des défaillances de l'environnement familier et un placement, engendrerait des modalités particulières de subjectivation, des aménagements psychiques spécifiques. quel sens cette expérience de placement prend-elle pour l'adolescent ? comment, de cette position d'objet, assumer une position de sujet ? comment peut-il articuler la réalité du placement et les représentations qu'il se fait de son histoire familiale par le biais du roman familial ? l'éloignement géographique favorise-t-il pour autant la séparation psychique, qui nécessite un travail de remaniement des imagos parentales ? comment s'effectuent l'élaboration du complexe œdipien, quelles identifications secondaires se mettent en place ? travail d'autant plus difficile que leur histoire est souvent marquée par des traumatismes, susceptibles d'être réactivés par la situation même du placement, susceptibles d'être remis en scène dans l'institution. quels processus psychiques sont alors en jeu dans les différents lieux (foyer, école, domicile familial) : quels transferts s'opèrent sur les lieux, sur l'institution, sur les groupes, sur les professionnels ? quel sont les rôles joués par le fonctionnement institutionnel et le vécu groupal, et quelles spécificités entraînent-ils pour la construction identitaire ? nous étudierons les processus psychiques, ainsi que les aménagements défensifs en jeu (clivage, déni, idéalisation…). entre le risque d'une adaptation en faux-self, et celui d'une idéalisation massive des imagos parentales renforcée par l'éloignement, quelles subjectivations sont-elles possibles ?


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