Unité et pluralité des psychoses. recherches sur la subjectivité humaine à partir de la différence dans la structure psychotique.

par Caroline Barbaras (Guendouz)

Projet de thèse en Psychanalyse

Sous la direction de Christian Hoffmann.

Thèses en préparation à Paris 7 depuis le 15-04-2010 .


  • Résumé

    Cette recherche a pour objectif de déterminer à quelles conditions il est possible de dégager, à partir de la psychanalyse lacanienne, une clinique différentielle des psychoses, non pas en tant que la psychose diffère de la névrose mais en tant que les psychoses peuvent différer entre elles. il s'agira ainsi d'établir les conditions de possibilité structurales d'une telle différenciation interne afin de penser l'articulation de l'unité et de la multiplicité au sein de cette structure. cette élaboration aura pour fonction de proposer une troisième voie substituable aux deux types de conception dominante de la psychose saisis dans leurs variations historiques et théoriques : la thèse de la monopsychose et ses avatars (les psychoses résorbées), d'une part, les conceptions qui font de la psychose un syndrome, un trouble ou un phénomène (la psychose éclatée), d'autre part. ce questionnement aura alors pour enjeu de tenter de penser « le sujet de la folie » autrement qu'en le constituant de manière restrictive à l'aune d'une subjectivité pré-constituée dont il serait l'altération, le défaut ou la désintégration. a rebours de la démarche philosophique qui, d'une manière générale, pense le sujet de la folie de manière dérivée ou comme cas limite de la normalité, nous nous appuierons sur la psychanalyse lacanienne pour tenter de dresser une théorie de la subjectivité à partir du sujet de la folie lui-même. nous montrerons ainsi que plus la différenciation structurale se pense dans la psychose, plus nous nous donnons la possibilité de penser la spécificité de la subjectivité humaine. l'histoire de la folie et, plus précisément, celle de la psychose peut être abordée, de manière généalogique, à partir de la difficulté à penser l'unité de la pluralité des psychoses. soit l'unité s'établit au détriment d'une pensée véritable de la pluralité des manifestations de la psychose, soit la pluralité se donne sans qu'il soit possible de déterminer ce qui lie les éléments de cette pluralisation en une unité de classe, de genre ou d'ensemble. dans un premier temps notre démarche sera historique et généalogique. nous partirons de l'histoire du sujet de la folie mais à rebours de la thèse de foucault, qui pense la folie comme autre de la raison et manque la question de la différence en la constituant épistémologiquement comme ligne de partage entre raison et déraison. nous nous appuierons alors sur les travaux de marcel gauchet et de gladys swain et des critiques qu'ils formulent à l'égard de la thèse de foucault dans sa tentative ratée de penser le sujet de la folie. il s'agira dès lors d'écarter la thèse de l'opposition de la folie à son autre – en tant qu'elle écrase la question de la différence en la rabattant sur cette opposition – afin de penser l'histoire du sujet de la folie comme histoire de la différenciation du sujet de la folie lui-même et en lui-même. nous montrerons ainsi que l'histoire du sujet de la folie consiste en l'histoire de la différenciation de la folie dans le sujet ou du sujet comme folie, puis nous montrerons que plusieurs voies théoriques se dessineront à partir de la prise en considération ou de la mise à l'écart des développements de cette différenciation interne. nous parcourrons ainsi les différents moments de la saisie de la division du sujet qui permettra d'aller de la différence névrose/psychose à la différence entre les psychoses elles-mêmes. seront alors analysés les présupposés épistémologiques et philosophiques à l'œuvre dans les rejets ou les affirmations de la différenciation et de l'articulation de l'un et du multiple. a partir de cette généalogie, nous tenterons de mettre au jour les prolongements contemporains de ce qui nous semble être les ratages de la pluralisation de l'unité et de l'unité de la multiplicité (cognitivisme, perspectives phénoménologiques, certains développements de l'enseignement de lacan, système dsm). il s'agira alors pour nous de tenter de construire une grammaire de la psychose à partir de la structure pensée comme différence pure sans perdre de vue, pout autant, la clinique des nœuds que lacan développe dans les derniers moments de son enseignement. ce dernier axe sera pour nous l'occasion de réfléchir sur l'articulation entre structure et différence, un et multiple pensés au plan de la structure, enfin entre subjectivité et structure. logique de l'objet pulsionnel, formules de la sexuation et transfert (comme mode de phénoménalisation de la structure), ainsi que la question de la « suppléance », nous serviront de point de départ conceptuels. nous tâcherons alors d'établir que la différenciation de l'unité pensée d'un point de vue structural permet non seulement, par effet retour, de préciser la différence structurale entre névrose et psychose mais aussi de fournir les conditions de possibilité d'élaboration d'une théorie du sujet en psychanalyse.


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