La sculpture et la terre : histoire artistique et sociale du jardin de sculpture en Europe (1901-1968)

par Louis Gevart

Projet de thèse en Histoire de l'art


Sous la direction de Thierry Dufrêne.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent (Nanterre) , en partenariat avec Histoire des arts et des représentations (Nanterre) (laboratoire) depuis le 20-11-2009 .


  • Résumé

    Établir que la sculpture et le jardin suivent une longue histoire commune relève du lieu commun. Au XXe siècle pourtant, le jardin de sculpture est devenu un espace porteur dans l’évolution des arts plastiques. Lieu intermédiaire entre la ville et le paysage, le jardin est un champ d’expérimentation formelle pour les artistes en même temps qu’une proposition muséale ouverte. La première partie de l’étude porte sur le temps des prototypes (1901-1945), marqué par la diversité des pratiques : le plein air attire autant les sculpteurs questionnant leur rapport à la tradition et à la nature que les collectionneurs qui par leurs choix d’exposition posèrent les jalons d’une histoire de la sculpture en marche. Dans tous les cas, l’ancrage à la terre est fort. La deuxième partie traite de l’affirmation institutionnelle du jardin de sculpture dans la reconstruction (1945-1958). Réel ou imaginaire, le musée de sculpture en plein air est un champ où s’expriment les forces de la sculpture contemporaine et où s’affirment au public les questions sculpturales de l’avant-garde et où s’opère une mutation de la dialectique nature/(s)cul(p)ture. La troisième partie concerne les déplacements du jardin de sculpture (1958-1968) : de la nature à la ville dans une volonté des artistes d’investir pleinement l’espace public et d’acteurs culturels trouvant dans l’architecture un autre « en-dehors », mais aussi de la ville à la nature avec un retour à la terre de collectionneurs et directeurs de musées visionnaires concevant des espaces paysagers spécifiques, posant les prémices d’un art in situ dans le cadre institutionnel.

  • Titre traduit

    Sculpture and earth : an artistic and social history of the sculpture garden in Europe (1901- 1968)


  • Résumé

    It is generally accepted that sculpture and garden have shared a common history. Throughout the 20th century, however, the sculpture garden has become a strengthened space for the evolution of plastic arts. As an intermediate place between city and landscape, the garden is an experimental field both to the artists (in a formal sense) and to the museum (as an open space). The first part of the dissertation deals with the time of prototypes (1901-1945) when the sculpture garden was characterized by its variety. Outdoors, sculptors have questioned their relation ton tradition and nature while collectors have put the first steps of a living history of sculpture by their exhibition choices. By all means, their anchoring to the earth remained strong. The second part relates to the growing of the sculpture garden as cultural model during the Reconstruction (1945-1958). Whether real or ideal, the open-air sculpture museum then turns into a public theatre in which the forces of the contemporary sculpture find their expression, particularly through the mutation of the nature/(s)cul(p)ture dialectic. At last, the third part deals with the sculpture garden shifts during the 60s (1958-1968). On the first hand, these shifts went from the landscape to the city: the artists would integrate moredirectly the urban space and the curators saw the architecture as another “outside”. On the second hand, they went from the city to the landscape: collectors and museum directors came back to the earth, conceiving specific landscapes for sculpture, laying the foundation of theexpression of an in situ art in the institutional framework.