Discours et représentations de la violence dans les écrits à caractère autobiographique de Walter Benjamin et Siegfried Kracauer

par Corina Golgotiu

Thèse de doctorat en Études germaniques

Sous la direction de Gérard Raulet.

Thèses en préparation à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Civilisations, cultures, littératures et sociétés (Paris) depuis le 30-04-2008 .


  • Résumé

    L’analyse des discours et de la représentation de la violence chez ces deux philosophes allemands de la première moitié du XXème siècle part d’un double constat : l’imprégnation de leurs approches hétérodoxes du genre autobiographique par la réflexion liée à la Kulturkritik et au marxisme, et les multiples impacts laissés dans ces textes par la violence omniprésente dans les champs historique, social et politique. Les deux romans autofictionnels de Siegfried Kracauer s’organisent autour d’une réflexion sur la place de l’individu dans le monde moderne – Genêt (1928) donne à voir la vacuité de l’individu aux prises avec l’histoire, exemplifiée par la Première Guerre mondiale, Georg (1934, publication posthume en 1973) se penche particulièrement sur le statut de l’intellectuel – et peuvent aussi se lire comme le prolongement ou l’aboutissement des prémices d’une attitude critique qui naît dans le regard de l’enfant chez Walter Benjamin, bercé par l’imaginaire mortifère du XIXème siècle et façonné par les mécanismes violents de rencontre avec le monde dans Enfance berlinoise vers 1900 (1933-1935). En faisant communiquer les textes des deux auteurs, les analyses mettent en évidence différents types de violence présents dans l’écriture, ainsi que leur fonctionnement, afin de préciser les points où s’articulent l’imbrication textuelle et réflexive du souvenir et les discours sur la mémoire, l’histoire et la culture.

  • Titre traduit

    Discourses on and representations of violence in Walter Benjamin’s and Siegfried Kracauer’s autobiographical writings


  • Résumé

    The topic of violence in the autobiographical writings of both these German philosophers from the first half of the 20th century emerges from a double observation: their critical reflection linked to Kulturkritik and Marxism permeates their heterodox approaches to autobiographical writing; the ubiquitous violence in the historical, social and political fields in which these works were embedded left multiple impacts on the texts. The two autofictional novels by Siegfried Kracauer evolve around the reflection on the place of the individual in the modern world – Ginster (1928) illustrates the vacuity of the individual confronted with the merciless flow of history exemplified by the First World War, Georg (1934, first published posthumously 1973) focuses on the role of the intellectual. These texts can thus be read as the consequence or the completion of the incipient critical attitude that emerges in Walter Benjamin’s Berlin Childhood around 1900 (1933-1935), in the gaze of a child who is lulled by the toxic ideological fantasies of the 19th century and shaped by the violent mechanisms that preside his encounter with the historical and social reality. The analyses based on a crossed reading of these works highlight the different categories of violence as well as their function in the texts and the autobiographical writing, and specify the axes where the reflexive and textual intertwining of recollections meets the theoretical discourses on memory, history and culture.