Pratiques et expériences du rituel funéraire comme des résonances d’imaginaire : le cas des Pardhan du Madhya Pradesh oriental

par Monica Guidolin

Projet de thèse en Anthropologie

Sous la direction de Jean-Claude Galey.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 11-12-2007 .


  • Résumé

    Dans la formulation de notre projet de recherche doctorale, notre attention sur la dimension de la « mortalité » a été attirée par la volonté de mettre en lumière cette notion par rapport à son imaginaire, à travers l’analyse de certaines pratiques et expériences capables de proposer un regard nouveau à l’intérieur des études anthropologiques sur le sujet. Dans ce type de problématiques, l’examen de la cérémonie funéraire représente sûrement un point crucial étant compté parmi les rites de passage les plus significatifs. Le Madhya Pradesh illustre un cas d’étude particulier, tant par la présence numérique des communautés classées comme tribales (ādivāsī)1, que par le panorama culturel et social dans lequel ils agissent, enrichissant le tissu des traditions différentes qui habitent cette ceinture du pays. Le témoignage d’une telle fécondité culturelle encadre bien le scénario socio-anthropologique, ainsi que la vivacité historique qui, depuis des siècles, a traversé cette « Terre du Milieu ». L’approche comparative adoptée autour de la ritualité funéraire chez certains groups de Pardhans du Madhya Pradesh oriental a permis le développement de l’enquête dans une alternance continue et stimulante entre le savoir anciende la tradition et culture gond – dont les Pardhans sont les premiers témoins et dépositaires - et le niveau de pénétration de l’hindouisation classiquement conçue qui va modifier les expériences et les pratiques du deuil. Sous cet aspect, la progression de l’enquête a suivi une évolution que nous définirions circulaire : du contexte urbain de Bhopal à celui rural des villages d’origine du Dindori district, le cadre ethnologique qui en est dérivé n’a pu se soustraire à la relation entre ces deux implantations. Dans quelle mesure alors la « culture funéraire » peut concourir d’une certaine manière à la ri-proposition d’un imaginaire partagé et à la recomposition d’une mémoire culturelle collective ? Dans quelle mesure ces figurations symboliques participent-elles de conceptions ou de pratiques particulières de la mort et quelle perspective adopter afin de ri-articuler le dialogue entre réalité observée et sa représentation sur de nouvelles bases ? C’est à partir de ces questions qu’ on a commencé à appliquer notre regard sur les implications du social mises en action pendant ce « perfectionnement » terminal (2), où le concept de « imaginaire » nous a fourni ainsi l’occasion pour entamer une réflexion sur d’autres aspects apparemment moins évidents par lesquels on a pu aborder notre sujet de recherche selon différents angles d’approche, tels que les relations de parenté face au processus d’urbanisation, ou encore les changements et les interactions entre les catégories de tradition et modernité, où l’analyse linguistique peut représenter une fenêtre d’observation très utile.Nos terrains se sont enrichis d’un travail comparatif nécessaire, où le dialogue entre les lieux impliqués a tracé des coordonnées significatives dans la lecture de la ritualité funéraire, en dévoilant les dynamiques en mutation sur le thème de la vie, de la mort et de la renaissance, aussi que sur la cohabitation avec les formes régionales de ce qui est considéré comme l’hindouisme classique. Le choix de prendre à référence deux implantations s’accorde bien avec notre perspective d’analyse, ouvrant des fenêtres de communication réciproque à l’égard de la position socio-culturelle occupée par les Pardhans et de la vision qu’ils en donnent. C’est bien là alors que l’étude sur le rapport entre imaginaire et rituel funéraire traduisant les conceptions cosmogoniques et thanatologiques d’une communauté se croise avec le thème du rapport caste-tribu dans le contraste de milieux urbain-rural et du concept de « glocalisation » avec les redistributions qu’il pilote. [1] Par le terme ādivāsī on va indiquer les habitants originaires de l’Inde. [2] Cette action de « perfectionnement » renvoie au terme sanscrit de “saṃskāra”.

  • Titre traduit

    Practices and Experiences of the funerary ritual as imaginary resonances : the case study of the Pardhan of Eastern Madhya Pradesh.


  • Résumé

    In formulating my PhD research project, my attention was drawn to the dimension of “mortality” through a desire to shed light on this notion with regard to its social imaginary, through the analysis of certain practices and experiences that are able to provide a new perspective within the context of anthropological studies on the subject. For these kinds of issues, examining the funerary ceremony must surely be a key point of entry as it is considered one of the most significant rites of passage. Madhya Pradesh is a singular case, both because of the high number of inhabitants belonging to communities classified as tribal (ādivāsī),[1] and because of the cultural and social variety present and which enriches the fabric of the different traditions occupying this part of the country. What remains of this great cultural fecundity, along with the historical intensity with which this “Middle Land” has been shot through for centuries, both provide a favorable setting for the socio-anthropological scenario. The comparative approach to funerary rituality amongst some Pardhan groups of eastern Madhya Pradesh has made it possible to pursue the study by constantly switching, in a very stimulating way, between classical knowledge of tradition and Gond culture on the one hand—of which the Pardhans are the main witnesses and bearers—and, on the other hand, the level of penetration of Hinduization as it is classically conceived, which will modify the experiences and the practices of mourning. From this respect, the study developed in a way we would qualify as circular: from the urban context of Bhopal to the rural context of the home villages in the Dindori district, the ethnological framework that has been derived was forced to come to terms with the relationship between these two sites. To what extent, then, can “funerary culture” contribute in a way to the re-positioning of a social imaginary and to the re-composition of a collective cultural memory? In what way do these symbolic figurations partake of particular conceptions or practices of death, and what perspective should we adopt in order to re-articulate, on the basis of a new foundation, the dialogue between observed reality and its representation? We have taken these questions as a starting point to examine the implications of the social as it is implemented during this final “refinement,”[2] in which the concept of “social imaginary” has thus provided us with a basis for embarking on a reflection on other aspects which are apparently less obvious, and through which we have been able to approach our research subject from different angles, such as the impact of the urbanization process on kinship relations, or else the changes to and interactions between the categories of tradition and modernity, where linguistic analysis can provide a useful observational viewpoint. Our fieldwork studies were enhanced by necessary comparative work, in which the dialogue between the places involved traced out significant coordinates in the reading of funerary rituality, by revealing transforming dynamics with regard to the themes of life, death and rebirth, as well as to the cohabitation between regional forms and what is considered classical Hinduism. The choice of making reference to two sites goes along well with our analytical perspective, as it opens up reciprocal axes of communication concerning the socio-cultural position occupied by the Pardhans and the vision they present of it. It is thus here that the study of the relationship between the social imaginary and the funerary rite, which reflects the cosmogonic and thanatological conceptions of a community, intersects with the theme of caste/tribe connection in contrast to urban-rural environments, as well as with the concept of “glocalization” and the re-distributions that it directs. [1]The term ādivāsī designates the aboriginal inhabitants of India. [2]This “refinement” refers to the Sanskrit term “saṃskāra.”