Through the cracked looking-glass : poét(h)ique de l’enfance dans le roman britannique contemporain

par Camille Francois

Projet de thèse en Études anglophones

Sous la direction de Camille Fort.

Thèses en préparation à Amiens , dans le cadre de École doctorale en sciences humaines et sociales depuis le 01-09-2010 .


  • Résumé

    Nous examinons les spécificités poétiques et éthiques de l’écriture contemporaine de l’enfance dans huit romans de Martin Amis, A.S. Byatt, Ian McEwan, Kazuo Ishiguro et Doris Lessing, mesurant son évolution depuis les origines romantiques de l’enfant littéraire. L’approche choisie combine la précision textuelle de la narratologie, le souci éthique des cultural studies, et l’apport conceptuel de la théorie critique (Barthes, Deleuze, Derrida, et Levinas) sur le signe, l’éthique, et la représentation du corps, afin de mettre au jour l’aliénation poétique et sémiotique subie par l’enfant. En adaptant la méthodologie des études de genre, féministes et postcoloniales à la figure de l’enfant, on s’aperçoit que celui-ci a longtemps été construit comme un signe surdéterminé jusqu’au non-sens, les mécanismes du désir adulte mettant en péril sa constitution en sujet, et conditionnant la poétique des œuvres qui l’accueillent. La notion de trace (chez Derrida et Ricœur) est décisive pour conceptualiser ces formes de kidnapping poétique ; complétée par une analyse narratologique de la parole de l’enfant, des choix de focalisation et de genre de ces romans, elle souligne la nature toujours déjà faussée de l’écriture de l’enfant. Cette étude cartographie également le « sauvetage » paradoxal orchestré par le roman postmoderne à l’endroit de l’enfant-signe, souvent inversé en une visibilité ob-scène du corps, sôma paraissant seul pouvoir contrer sèma. La figure de l’enfant-poète rappelle quant à elle le poids pérenne des mythes romantiques : revisitée par les romanciers contemporains, elle leur permet de mieux poser la question (auto)critique d’une nouvelle éthique de la fiction.


  • Résumé

    This study examines the poetical and ethical aspects of writing childhood in eight contemporary British novels by Martin Amis, A.S. Byatt, Ian McEwan, Kazuo Ishiguro and Doris Lessing. It brings together the textual focus of narratology, the ethical concerns of cultural studies, and the conceptual work of French theory on signs, ethics, and the representation of the body (notably Barthes, Deleuze, Derrida, and Levinas) in order to identify the poetic and semiotic alienation undergone by the child figure. Adapting the tools of feminist, gender, and postcolonial studies to look at the figure of the child in the context of child-writing since its Romantic origins allows us to further stress the poet(h)ical difficulties of writing childhood. The child has indeed been repeatedly set up as a contradictory, self-cancelling sign, a repository of adult meaning and desire, which not only hinders character development but also affects the poetical structure of these works. The concept of trace as defined by Derrida and Ricœur is key to an understanding of this recurrent poetical kidnapping, as are narratological analyses of child-centred language, focalization, and genre, highlighting the often fallacious nature of representation. This study sets out to make sense of the paradoxical postmodern “rescue” of the child-turned-sign played out in contemporary fiction, which often amounts to an extreme foregrounding of its grotesque body, as sôma competes with sèma. The Romantic association of the child with the figure of the poet also comes into focus, as contemporary novelists revisit the myth to reflect (self)critically on a new ethics of fiction.