R.L. Stevenson, Joseph Conrad and the adventure novel : reception, criticism and translation in France, 1880-1930

par Mark Fitzpatrick

Thèse de doctorat en Études anglophones

Sous la direction de Jean-Pierre Naugrette.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Études anglophones, germanophones, et européennes (2009-2015 ; Paris) , en partenariat avec Langues, Textes, Arts et Cultures du Monde Anglophone (equipe de recherche) depuis le 06-10-2010 .

  • Titre traduit

    R.L. Stevenson, Joseph Conrad et le roman d'aventure : réception, critique et traduction en France, 1880-1930


  • Résumé

    Le roman d’aventures anglais du dix-neuvième siècle, héritier d’une tradition issue des écrits de Defoe, de Scott, et de Dumas, trouvera ses chefs-d’œuvre dans L’île au trésor et Enlevé! de Robert Louis Stevenson. Ces textes représentent à la fois l’apogée du genre, et sa réécriture, sa subversion. Joseph Conrad, dans ses fictions aventureuses, répond à cette remise en question des conventions génériques. Les deux auteurs doivent se situer par rapport aux débats littéraires de leur époque, et à la prédominance du réalisme qui touchait à sa fin. En France, au tournant du vingtième siècle, les critiques littéraires cherchent une alternative dans la fiction étrangère au roman moribond qu’ils voient autour d’eux. Face à cette « crise du roman », Marcel Schwob trouvera, en Robert Louis Stevenson, l’auteur qui lui semble donner forme, dans ses œuvres, à un roman d’aventures qui dépasse les oppositions stériles qui alimentent le débat sur l’avenir du roman en France. Cette rencontre littéraire est le point de départ d’une réflexion qui se poursuit dans les années 1900 dans les revues littéraires, où les critiques menés par André Gide commencent à élaborer une théorie du roman d’aventures. Ce concept de l’aventure permet d’étudier la réception de l’œuvre de Stevenson, et de celle de Conrad, dans la culture littéraire spécifique de la France au début du vingtième siècle. Dans la correspondance, les revues telles que La Revue des Deux Mondes, Le Mercure de France, La Nouvelle Revue Française, les traductions, et les éditions françaises des deux écrivains, un phénomène littéraire se dessine, un transfert culturel entre les grands écrivains cosmopolites de la période.


  • Résumé

    The English adventure novel of the nineteenth century, descending from a tradition shaped by the writings of Defoe, Scott, and Dumas, was to find its masterpieces in Tresaure Island and Kidnapped! by Robert Louis Stevenson. These texts represent both the high-point of the genre, and its rewriting and subversion. Joseph Conrad, in his adventurous fiction, responds to this problematizing of the conventions of the genre. Both authors had to situate themselves in relation to the literary debates of their era, and the soon-to-end dominance of realism. In France, at the turn of the twentieth century, literary critics were seeking an alternative in foreign fiction to the moribund novel that they had inherited. In the face of the this “crisis of the novel”, Marcel Schwob was to find, in Robert Louis Stevenson, the author who seemed to give form, in his fiction, to a novel of adventure which transcended the stale oppositions which had fed the debate on the future of the novel in France. This literary encounter is the starting point for a discussion which continued into the 1900s in the literary reviews, where critics led by André Gide begin to develop a theory of the roman d’aventures. This concept of adventure permits us to examine the reception of the works of Stevenson, and those of Conrad, in the literary culture specific to France at the beginning of the twentieth century. In writers’ correspondence, in literary reviews such as the Revue des Deux Mondes, the Mercure de France, or the Nouvelle Revue Française, in translations and French editions of the two authors, a literary phenomenon takes shape, a cultural transfer between the great cosmopolitan writers of the period.