Patrimoine, hegemonie et modalites cosmologiques. une grammaire symetrique des interfaces politiques en sierra de perija.

par Miquel Figueras moreu

Projet de thèse en Anthropologie

Sous la direction de Philippe Descola.

Thèses en préparation à Paris, EHESS depuis le 01-10-2009 .


  • Résumé

    La notion de patrimoine est au coeur d'une myriade de mutations qui depassent de loin le simple cadre juridique. de l'attribution pecuniaire des biens individuels elle s'est orientee vers la valorisation des biens et des ressources communes, heritees, irremplaçables, et qu'il convient de gerer et de transmettre aux generations futures. un faisceau d'interets a vu le jour, ainsi que des situations complexes de juxtaposition des charges (le sujet et l'objet, le symbolique et le financier, l'actif et le passif, le local et le global, le present et le futur) susceptibles de positions controversees. c'est le cas de la sierra de perija au nord ouest du venezuela. dans cette region se disputent des biens patrimoniaux contradictoires comme un espace naturel protege, des ressources energetiques appartenant a l'etat, les proprietes d'eleveurs locaux, et une population indigene – les yukpa – reclamant par droit leur ‘patrimoine' territorial ancestral. le processus de ‘revolution bolivarienne' a motive l'enthousiasme des couches populaires et des groupes indigenes, ainsi que d'importantes alliances strategiques dans le continent. en revanche, la centralisation accrue et les derives autoritaires effrayent les investisseurs etrangers. dans ce pays a rente petroliere majoritaire, affaibli par la chute du prix du baril et une croissante opposition interne et internationale, les enjeux lies au patrimoine s'erigent donc comme des priorites politiques de premier ordre (economiques, energetiques et ideologiques). a l'interface de ces paradigmes macropolitiques, les yupka, confines aux larges d'un territoire escarpe ‘apprivoise' durant des siecles, redescendent les vallees et reclament l'application des lois de remission de leurs terres ancestrales. d'autant plus que les modes d'apprehension du politique au sein de ce collectif sont loin d'etre reduits aux abruptes negociations avec les blancs. pour saisir les interfaces politiques de ce collectif indigene, aussi bien ceux qui relevent des traditions ancestrales que des modes les plus astucieux d'affronter les aleas de la modernite, il sera question de mener une observation participante dans le terrain d'une duree minimale de 18 mois. ainsi pourront etre degages quelques axes pour une anthropologie politique : phenomenes de reproduction symbolique, constructions ideologiques, pratiques et logiques discursives, modes de nomination et d'exclusion, jeux d'alliance, etc. avec cela devrait etre mise en place une heuristique du multiple aillant pour imperatif une grammaire symetrique des phenomenes politiques. le politique devrait ainsi etre contemple comme un phenomene immanent et processuel fait de relations et de combinaisons.


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