'les [n1 à / de n2], des composés morphologiquement construits ? '

par Cheikh Diop

Projet de thèse en Sciences du langage

Sous la direction de Dany Amiot et de Modou N diaye.

Thèses en préparation à Lille 3 , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'homme et de la société (Villeneuve d'Ascq, Nord) depuis le 01-10-2010 .


  • Résumé

    Il existe une littérature abondante consacrée à l'analyse des séquences du type [n1 de/à n2] que je me propose d'étudier. par exemple, une première approche (cf. bosredon & tamba (1991), cadiot (1992)) repose sur une analyse typiquement sémantique. les premiers étudient les [n1 à n2] (verre à pied) et identifient la préposition comme un opérateur qui régit le second nom. cadiot, faisant un commentaire de leur article en déduit que ces séquences renvoient donc à une catégorie cognitive et correspondent à une ' qualification ' de n1 par n2.une autre approche se veut fondamentalement syntaxique (cf. darmesteter (1967), benveniste (1974a, 1974b). le premier fonde son analyse sur le principe de l'ellipse et considère que ces séquences sont construites en syntaxe. benveniste, quant à lui, estime que c'est le modèle syntaxique qui crée la possibilité du composé morphologique et qui le produit par transformation. de leur côté, di sciullo & william (1987), qui se fondent sur la notion de ' tête ', analysent les séquences telles pomme de terre comme des ' mots syntaxiques ', c'est-à-dire des ' atomes syntaxiques ', insécables et inaccessibles au règles syntaxiques.une autre approche, représentée par des linguistes morphologues (cf. matthews (1991), aronoff (1994), anderson (1992), corbin (1992, 1997), se distingue des précédentes et fait le départ entre les séquences construites par des règles de construction de mots (= règles morphologiques) et celles construites par la syntaxe. dans cette optique, l'étiquette ' mot composé ' est réservée uniquement aux unités lexicales conjoignant des mots / lexèmes (unités à pouvoir référentiel). ainsi, ils analysent des séquences telles timbre-poste comme construites morphologiquement à partir de règles de formation de mots/ lexèmes, tandis que celles comme pomme de terre sont considérées comme étant engendrées syntaxiquement et lexicalisées par la suite.notre hypothèse de travail consiste à analyser ces dernières (cf. pomme de terre) comme formées par des règles morphologiques pour principalement deux raisons :- elles ne suivent que partiellement les règles de la syntaxe (le n2 n'est pas déterminé)- elles reçoivent des interprétations relativement régulières (cf. cadiot, 1992).nous allons nous appuyer sur les outils que proposent les grammaires des constructions (cf. par ex. goldberd (1995), croft & cruse (2004), etc., et, pour une première application à la morphologie, booij (2008)) pour tenter de résoudre les problèmes de frontières que posent les grands domaines que sont la syntaxe, la morphologie, la sémantique entre autres


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