La pensée de l'origine dans la littérature française et latine des XIIe et XIIIe siècles.

par Emilie Frasca (Deschellette)

Projet de thèse en Litterature médiévale

Sous la direction de Dominique Boutet.

Thèses en préparation à Paris 4 , dans le cadre de Mondes antiques et médiévaux depuis le 23-07-2010 .


  • Résumé

    Rendre compte des origines semble relever d'une nécessité vitale et universelle, comme en témoignent les nombreux récits qui tentent de donner du sens au passage du néant à l'être, qu'il s'agisse de l'univers, de l'humanité, des héros, des monstres ou de certains objets sacrés ou précieux. cependant, l'origine en soi demeure bien souvent le lieu même de l'insaisissable et ce paradoxe fait du récit génésique un discours par essence instable, et dont l'objet est fuyant. face au mystère du cosmos et aux interrogations qu'il suscite, l'homme médiéval recourt, dans des contextes où l'explication scientifique se refuse, à des mythes d'origine, qui revêtent une valeur étiologique et symbolique pour tenter d'expliquer le réel par l'imaginaire. or, la pensée de l'origine aux xiie et xiiie siècles se situe au confluent de traditions diverses et parfois contradictoires, qui entrent en interaction : le moyen-âge occidental, informé par le christianisme, est également pétri de culture antique, dont il interprète et réécrit les mythes, et a en outre hérité des légendes celtiques. il s'agira donc, au moyen d'une démarche herméneutique, de tenter de dégager une cohérence au sein de la diversité, générique et thématique, des récits génésiques des xiie et xiiie siècles. notre hypothèse est en effet que la pensée de l'origine au moyen-âge est placée sous le signe de la faute, qui innerve aussi bien les oeuvres de fiction issues de la matière antique et de la 'matière de bretagne' que les textes à portée philosophique ou théologique. cette ombre enigmatique reflète ainsi l'ambiguïté axiologique intrinsèque à la pensée de l'origine dans la littérature médiévale.


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