Le rôle du soi et d'autrui dans les processus d'éveil et de réduction de la dissonance cognitive

par Jean Doridot

Projet de thèse en Psychologie


Sous la direction de Patrick Gosling.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École doctorale Connaissance, langage et modélisation (Nanterre) , en partenariat avec Laboratoire Parisien de Psychologie Sociale (Nanterre) (EA 4386) (laboratoire) depuis le 08-12-2009 .


  • Résumé

    Ce travail de recherche se situe dans le champ de la théorie de la dissonance cognitive (Festinger, 1957). Longtemps, les chercheurs ont étudié la dissonance cognitive comme étant un processus intra-individuel. Pourtant, dès 1957, Festinger explique que le groupe social est une des principales sources de dissonance cognitive pour un individu, et l’un des principaux moyens d’éliminer ou de réduire la dissonance qu’il est susceptible d’éprouver. Par ailleurs, dès les débuts de la théorie, la question de l’importance du soi a été posée (Aronson, 1968). Dix expérimentations étudient le rôle du soi et d’autrui dans les processus d’éveil et de réduction de la dissonance cognitive. Trois expérimentations utilisent des miroirs pour éveiller le soi de sujets en situation de dissonance. Les trois suivantes envisagent la proximité à autrui comme nouveau mode de réduction de la dissonance cognitive. Enfin, trois autres expérimentations observent comment le soutien social du groupe de référence permet de réduire la dissonance dans le sens de comportements pro-normatifs ou déviants, selon la norme plaidée dans le cadre du paradigme de l’hypocrisie. Nos résultats montrent que l’éveil du soi a tendance à mobiliser un mode défensif de réduction de la dissonance cognitive ; la proximité à autrui, comme prévu par la théorie, ne fonctionne qu’en condition endogroupe, et non en exogroupe. Le soutien social, quant à lui, peut agir comme mode défensif ou non défensif, selon que la norme plaidée est définitionnelle du groupe d’appartenance. Les ouvertures théoriques sont discutées.

  • Titre traduit

    The role of the self and others in the process of arrousal and reduction of cognitive dissonance


  • Résumé

    This work is about cognitive dissonance theory (Festinger, 1957). For a long time, cognitive dissonance was seen as an intraindividual theory by researchers in social psychology. However, in 1957, Festinger said « The social group is at once a major source of cognitive dissonance for the individual and a major vehicle for eliminating and reducing the dissonance which may exist in him.”. Further, in the very beginning of the theory, the role self has been viewed as an important question (Aronson, 1968). Ten experiments examine the role of the self and others in the process of arousal and reduction of cognitive dissonance. Three experiments use mirrors to make salient the self of subjects under conditions of dissonance. Three others experiments study the psychological closeness as a new cognitive dissonance reduction mode. Finally, three experiments examine how social support of the ingroup can reduce cognitive dissonance in a pronormative or transgressive way, depending on the nature of the social norm use in a hypocrisy paradigm context. Results show that when the self is salient subject are inclined to use a defensive reduction mode of cognitive dissonance; psychological closeness, as predicted by theory, can reduce dissonance in the ingroup condition, but not in the outgroup condition. Social support can be viewed as a defensive or not defensive reduction mode of cognitive dissonance, whether the norm is definitional of the group membership. Theoretical openings are discussed.